Remake du long métrage de même nom signé Akira Kurosawa, Living transpose la désincarnation depuis le Japon vers l’Angleterre d’après-guerre, se saisissant alors des travaux de reconstruction comme d’une métaphore du dernier combat entrepris par un fonctionnaire se sachant condamné pour réhabiliter un espace pollué, sale et dangereux, symbole de l’ancien temps, et en faire un jardin d’enfants. Malgré des lourdeurs présentes dans les dialogues hagiographiques et dans la réalisation, dont les emprunts à Xavier Dolan ou Wong Kar-Wai sont à ce point visibles qu’ils peuvent empêcher, pendant la première demi-heure surtout, l’immersion du spectateur, le film réussit à émouvoir en réactualisant l’immobilisme administratif, reflet d’un figement social de l’existence des hommes et des femmes qui s’y investissent, reflet d’un figement culturel inhérent au modèle du gentleman anglais évoqué par le personnage de M. Williams, fonctionnaire dépourvu de prénom, veuf et inconsolé. Le recours à un réalisateur sud-africain, Oliver Hermanus, facilite ce point de vue extérieur porté sur le microcosme londonien, que redouble l’introduction à la mairie d’un nouveau venu, Peter Wakeling, promenant sur les normes et coutumes un œil amusé.

Si Living diffuse une belle mélancolie, quelque peu affaiblie par l’artificialité et la diversité des moyens mis en œuvre pour la représenter, c’est essentiellement grâce à l’interprétation magistrale de Bill Nighy, tout en retenue et éloquent par ses non-dits, ses silences, ses regards pénétrants. Une petite réussite.

Créée

le 9 mars 2024

Critique lue 53 fois

Critique lue 53 fois

3

D'autres avis sur Vivre

Vivre

Vivre

7

Cinephile-doux

le 1 janv. 2023

Suivre

Le vieil homme sur une balançoire

Que reste t-il d'Ikiru (Vivre), chef d’œuvre d'humanisme de Akira Kurosawa, dès lors que le souvenir de sa découverte s'est un peu effacé au fil du temps ? Assurément, une image, très mélancolique,...

Vivre

Vivre

7

Azur-Uno

le 10 janv. 2023

Suivre

Never complain, never explain...

N'ayant pas vu le film japonais "Ikiru" de Kurosawa..., le célèbre "Vivre" de 1952, j'apprécie ici le remake dans sa version "british" de 2022, tel que réalisée par le cinéaste sud-africain Oliver...

Vivre

Vivre

9

bougnat44

le 12 déc. 2022

Suivre

Un remake réussi

Le scénario a été écrit par Kasuo ISHIGURO, 68 ans, britannique d’origine japonaise et prix Nobel de littérature en 2017. C’est l’adaptation du film « Ikuru » (« Vivre ») (1952) d’Akira Kurosawa...

Du même critique

Astérix & Obélix - L'Empire du milieu

Astérix & Obélix - L'Empire du milieu

2

Fêtons_le_cinéma

le 1 févr. 2023

Suivre

L’Empire sous-attaque

Nous ne cessons de nous demander, deux heures durant, pour quel public Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu a été réalisé. Trop woke pour les Gaulois, trop gaulois pour les wokes, leurs aventures...

Sex Education

Sex Education

3

Fêtons_le_cinéma

le 19 janv. 2019

Suivre

L'Ecole Netflix

Il est une scène dans le sixième épisode où Maeve retrouve le pull de son ami Otis et le respire tendrement ; nous, spectateurs, savons qu’il s’agit du pull d’Otis prêté quelques minutes plus tôt ;...

Ça - Chapitre 2

Ça - Chapitre 2

5

Fêtons_le_cinéma

le 11 sept. 2019

Suivre

Résoudre la peur (ô malheur !)

Ça : Chapitre 2 se heurte à trois écueils qui l’empêchent d’atteindre la puissance traumatique espérée. Le premier dommage réside dans le refus de voir ses protagonistes principaux grandir, au point...