Par certains côtés, Michi, l'héroïne de Vixen, symbolise la jeune femme japonaise des années 60, élevée par ses grands-parents, dans le rude dénuement de l'après-guerre. Elle se veut émancipée mais hait la solitude et ne cesse de partir à la conquête des hommes, en les manipulant à l'occasion. Masumura pousse le bouchon assez loin, comme à son habitude, dans ce portrait qui peut paraître aussi misogyne que féministe. Les hommes, eux, semblent perdus entre leur désir de respectabilité et l'envie soudain irrépressible de tout envoyer valser. La mise en scène est impeccable mais Masumura gère un peu moins bien que d'habitude les excès de son scénario, tenté de jouer la carte de l'érotisme et de la légèreté dans ce qui ressemble pourtant davantage à un drame existentiel. Peut-être aurait-il fallu une actrice plus talentueuse que Ruriko Asaoka pour nous faire croire à un récit certes trépidant mais néanmoins assez souvent incongru ?