Après une "Vendammerie" sympathique et un "Broken arrow" un peu boiteux, voilà que Woo débarque avec ce projet, qui marquera sa véritable première (et dernière) réussite à Hollywood.
De ce scripte qui trainait depuis 6 ans et qui à maintes fois été avorté, retrouver John Woo à la real et Cage et Travolta au casting est un véritable alignement des planètes.
De par sa maîtrise formelle, Woo va transcender le scripte, la scène des miroirs est un exemple criant tant il donne à ce moment la majesté qu'il mérite. Et au-delà de son goût pour les fusillades spectaculaire, sa marque de fabrique, Woo étire les moments, joue avec le temps, et peint des personnages plus complexes qu'en apparence. s 'appuyant bien sûr sur cers comédiens pour rendre l'ensemble crédible.
En cela, le choix de Travolta et Cage est presque du génie.
Woo n'est pas un directeur d'acteurs, ce n'est pas grave, les deux comédiens croient tellement en leur rôle, y mettent tellement de conviction, que le trouble et l'illusions fonctionnent parfaitement.
Chacun dans leur registre, Travolta dans le cynique, la surenchère contrôlée, le pur jeu au sens sémantique, Cage dans son laissé aller, cette mystérieuse puissance créatrice qui le rend par moment génial là où ça aurait pu tourner au grotesque.
Chacun, face d'une même pièce qui ne cesse de tourner, ils emportent le film et portent le pitch à bout de bras sans jamais l'abandonner, ou tout simplement le rendre ridicule.
Et c'est aussi dans cette tenue que le film est un tour de force, que le spectateur croit que l'un est l'autre est essentiel pour que le film ne se casse pas la figure, tout en délivrant un divertissement haut de gamme qui donne une remarquable palette d'émotions à jouer à ses comédiens.