On le sait, Almodovar aime les mondes de femmes. Ici, plusieurs générations sont représentées. Deux sœurs, Raimunda (Penelope Cruz) et Soledad (Lola Dueñas) ont perdu leur mère Irène (Carmen Maura). La fille adolescente de Raimunda, Paula, est abusée par celui qu’elle pense être son père et le tue. Sa mère décide de l’aider en enfermant le corps dans un congélateur. Pendant ce temps, Irène apparaît à Soledad et cette dernière décide de la garder à ses côtés, sans savoir alors si elle bien réelle ou si c’est une invention de son esprit. Le seul homme de ce film disparaît rapidement, on l’a compris et seules les femmes bossent pour assurer le quotidien : l’homme, lui, picole devant la télé…C’est un bel hommage aux femmes que nous livre Almodovar, entre policier (les tentatives pour se débarrasser du congélateur encombrant), drame (avec les non-dits et secrets de famille, les rapports complexes entre les générations…) et humour (avec Irène obligée de se faire passer pour une Russe par sa fille et cachant sa présence sous le lit). On retrouve l’influence de grands réalisateurs comme Bergman et Woody Allen mais l’histoire est toujours très personnelle chez Almodovar ainsi que la manière de la raconter : la 1ère scène avec les femmes nettoyant les tombes du cimetière par jour de grand vent est superbe. Elle donne le ton d’un film qui oscille entre gravité et légèreté, qui marquait les retrouvailles entre le réalisateur et l’actrice de ses débuts, Carmen Maura. Penelope Cruz, elle, m'a rappelé la Sophia Loren pulpeuse des années 60. L’ensemble des actrices du casting ont obtenu le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes mais j’ai le souvenir d’un Almodovar très bougon car il voulait la Palme d’Or…