À l’approche du XXXème siècle, Wall-E est un robot de nettoyage. Il faisait partie d’une armée aujourd’hui disparue destinée à dépolluer la Terre, irrémédiablement contaminée et abandonnée par l’Humanité 700 ans auparavant. Pourtant, Wall-E poursuit sa mission et, à force d’exploration, a développé une personnalité ainsi que des goûts propres en démarrant une collection d’objets disparates. Un jour, un immense vaisseau spatial atterrit et libère un magnifique robot blanc. Cette machine semble chercher quelque chose et attire la curiosité de Wall-E.
Andrew Stanton est avant tout un scénariste. Il a écrit Toy Story et Le monde de Nemo qu’il a également réalisé. Il signe ici sans doute sa plus grande œuvre.
Wall-E est une fable adorable. Reprenant le mythe de Frankenstein, elle compte les aventures d’un petit robot devenu vivant à force de curiosité. À des années-lumière du roman, la créature découvre l’amour au lieu de la violence et pose sur le monde un regard enfantin extrêmement rafraîchissant.
Pourtant, l’histoire est assez ambiguë. Elle démarre sur un drame, la Terre devenue stérile à cause de la pollution. La région où vit Wall-E est exempte d’eau, balayée par des tempêtes de poussière et visiblement très chaude. Cette destruction est la conséquence de la société de consommation poussée à outrance et entretenue par de grosses entreprises, apparemment toutes phagocytées par le géant BnL qui est omniprésent dans les vestiges humains. Et c’est là que le récit prend une tournure étrange. Cette entreprise qui régente la vie humaine en poussant à la consommation et à l’indolence, est à la fois la cause de la destruction de la Terre par la pollution, mais également le sauveur de l’humanité en fournissant le vaisseau spatial géant qui accueille les derniers rescapés. Cette compagnie maintient depuis les humains dans un état de béatitude léthargique, notamment à l’aide d’Auto (clin d’œil à HAL 9000 au passage), mais organise par ailleurs leur rapatriement sur Terre afin de redémarrer la civilisation — sans elle. Ce comportement ambigu n’est jamais expliqué, aucune réflexion ni prise de position n’est avancée, mais il est permanent. Cette société, représentative de la nôtre, détruit et aide tour à tour cette humanité dont elle tire profit. Curieuse fable, en vérité.
Il n’en reste pas moins que ce film est un conte attendrissant dont la charmante naïveté ravira petits et grands sans distinction. Près de 20 ans se sont écoulés depuis sa sortie et cette œuvre n’a pas pris une ride. À savourer encore et encore.