J’ai trouvé ça pourri. (attention, spoilers)
Le film veut nous servir un héros taciturne et badass, alors on commence par une scène dramatique, histoire de créer un trauma au personnage incarné par Alan Ritchson.
Ensuite direction le camp de formation des Rangers et tous ses clichés. D’un côté des instructeurs qui beuglent que leur programme d’entraînement est le plus exigeant du monde ; de l’autre, des recrues réduites à de simples numéros et qui se motivent avec des slogans débiles du genre « les Rangers ouvrent la voie » ou « ne jamais foutre le camp ». Parmi ces recrues, quelques-unes sont mises en avant : un black, une meuf, un rigolo pas rigolo et deux ou trois péquenauds inutiles, le compte est bon. On comprend tout de suite que ceux-là iront au bout de la formation avec 81, alias Alan Ritchson. 81, dont tout le monde dans le camp a remarqué les compétences. Le bonhomme n’est pas très loquace, ce qui nourrit les rumeurs à son sujet. Les uns disent qu’il a reçu la médaille du courage, les autres qu’ils lancent des boules de feu par le cul. Ah non, ça c’est dans Braveheart.
Tic-tac, l’heure tourne, il est donc temps d’envoyer nos rangers du risque effectuer leur dernière mission avant de valider leur formation : la marche de la mort. Et c’est là que l’ennemi débarque pour un remake de Predator : une entité extraterrestre prend en chasse le groupe de soldats mené par 81.
Sauf que dans Predator, l’identité mystérieuse de l’ennemi et sa faculté à frapper à n’importe quel moment introduit du mystère et de la tension. Ici, l’ennemi se dévoile très rapidement : un gros robot assez pataud, qui met une plombe à scanner son environnement et qui doit vider la moitié de ses munitions pour espérer toucher un véhicule blindé dont il est incapable d’anticiper la trajectoire. Pour un robot venu de l’espace et à l’heure des IA, ça fait un peu tache. Un antagoniste décevant donc.
En face, nos soldats sont plus inutiles les uns que les autres (mention spéciale à 7) et doivent s’en remettre entièrement à leur chef d’escouade pour sauver leur peau. Et quoi de mieux pour glorifier encore un peu plus 81 que quelques ralentis appuyés sur son visage grimaçant de douleur, de nuit et sous la tempête, le tout accompagné de ce genre de musique qui semble dire « hey, le moment héroique du flm, c’est là ».
Le suite du film est parfaitement prévisible puisqu’on devine très vite qui va y rester et qui survivra et le final à un même un air de désavoeu : notre grosse boîte de conserve, qu’on nous avait pourtant présentée au début comme indestructible — puisqu’elle résiste sans broncher à des explosions de C4 — finit par s’avouer vaincue face à… quelques cailloux et un tractopelle.
En bref, un film d'action qui multiplie les poncifs et qui à vouloir trop mettre en avant le personnage d'Alan Ritchson en oublie le reste.