Très bon film sur l'univers carcéral, comme les Britanniques savent si bien le faire. Wasteman s'inscrit dans la grande tradition des drames de prison réalistes et sans concession, à mi-chemin entre le documentaire social et le thriller oppressant.
Le film me fait par certains aspects penser au long-métrage danois R : même capacité à montrer un système qui broie les individus, même focus sur la hiérarchie brutale entre détenus, et ce même sentiment d'un homme qui n'est pas fait pour dominer et qui se retrouve malgré lui dans quelque chose qui le dépasse complètement. Taylor (magnifiquement interprété par David Jonsson) incarne cette vulnérabilité et cette résignation.
L'alchimie entre Jonsson et Blyth est exceptionnelle. On a deux énergies complètement opposées – la passivité presque fantomatique de l'un face à la charisme animal et dangereux de l'autre – qui créent une tension constante, presque électrique. La violence est dérangeante sans jamais tomber dans l'exagération gratuite ou le voyeurisme : elle est crue, réaliste, souvent soudaine.
La mise en scène est précise, claustrophobe à souhait, et le film évite pas mal de clichés du genre tout en livrant des scènes d'une intensité rare. C'est âpre, sans fioritures, mais avec une vraie humanité dans le regard porté sur ces personnages brisés.