Le sujet de l’homophobie n’est pas nouveau dans les films occidentaux, tels que « Soudain l’été dernier » (1959) de Joseph Mankiewicz, « La rumeur » (1961) de William Wyler ou « Une journée particulière » (1977) d’Ettore Scola. Ici, la réalisatrice donne une vision de son pays, indépendant depuis 1991, mais qui a adopté très tôt le christianisme comme religion officielle (au IVe s, avant de se convertir à l’Orthodoxie après le grand schisme de 1054) et dont le drapeau est orné de 5 croix rouges de Saint-Georges. La journée contre l’homophobie y a été remplacée par la journée de la famille… Malheureusement, le film est trop long (1h55), trop lent, abuse des plans moyens et l’arrivée de Moe, tatouée, aux cheveux décolorés et au look androgyne, qui vient enterrer son grand-père Eliko, qui s’est pendu, laisse deviner la suite. Le film est vraiment intéressant dans les 45 dernières minutes lorsque des habitants du village, au bord de la Mer Noire et où se trouve un café-restaurant nommé Wet Sand (sable mouillé) et tenu par Amnon (Gia Agumava), se radicalisent. Cela rappelle, dans un autre contexte, la bêtise des abrutis racistes de « Dupont Lajoie » (1975) d’Yves Boisset.