Le génie de When the light breaks tient à la conception du cinéma que le film illustre : des images qui pensent et font penser, construisant un discours autonome qui laisse voir ce que les mots ne disent pas, sorte de réfraction du réel représenté (ce qu’évoque le titre original du film, Ljósbrot). Tout le film l’illustre, mais est exemplaire à cet égard la scène finale entre les deux personnages féminins, où je vois comme une quintessence du cinéma.
On ne peut qu'être frappé par la densité du film, qui montre, dans une courte durée (82 minutes), un monde incroyablement riche, jusqu’au vertige, de sentiments exprimés ou tus, dans un fracas de sociabilité qui laisse chacun·e seul·e. Cette réussite est rendue possible grâce à une remarquable direction d’acteurs et d’actrices, lesquel·les portent le film – particulièrement l’envoutante Elín Hall et Baldur Einarsson, dont la beauté irradie tout le film, malgré sa courte apparition, car le souvenir du personnage qu’il incarne, mort très tôt dans l’histoire, est constamment évoqué, images de lui à l’appui.