L’oiseau blanc prend son envol
Je quittais en octobre 2014 Gregg Araki après Nowhere (1997) et The Doom Generation (1994). Deux œuvres sur les noirceurs d’adolescents qui m’ont laissé sceptique sur le fond et la forme, malgré leur style singulier. Je songeais alors que Mysterious Skin (2004) n’était qu’un éclair de génie.
En dépit de cela, mon instinct m’a entrainé à lancer White Bird in a Blizzard en version originale sans sous-titre. Dès les premières minutes, je compris que je ne le regretterai pas. Je me sentis happé par les voix des acteurs, le schéma narratif, l’esthétique et la bande-son d’époque ; le film se déroulant vers la fin des années 80.
Dans le blizzard, la poésie accompagnait la cruauté de l’humain, ses désirs, ses humiliations. White Bird est un des rares films plutôt mainstream pour lesquels on ressent la passion qu’essaie de transmettre le cinéaste au spectateur.
Araki ne s’est pas contenté d’adapter le roman de Laura Kasischke. Le réalisateur a modelé un récit et des inspirations sans travestir les traits qui le caractérisent. Je vous donne un indice : les clins d’œil à David Lynch sont particulièrement appuyés…