Bien que d’autres se soient déjà intéressés à elle avant (Whitney: Can I Be Me de Nick Broomfield), le réalisateur apporte quelque chose d’autre. Il aurait été facile de faire se succéder les intervenants où chacun irait de ses louanges pour Whitney Houston. Au contraire, Kevin Macdonald ne compte pas livrer un portrait tel un fan de la chanteuse. Justement, le réalisateur expliquait ne pas être forcément intéressé par le projet à l’origine, ne trouvant pas un grand intérêt sur ce qui n’était, en apparence pour lui, qu’une chanteuse pop. Mais après s’être laissé convaincre, Macdonald découvrait un potentiel fort autour d’elle, et notamment dans ce qu’elle a pu représenter pour l’Amérique et sa communauté afro-américaine en tant que star noire dans le monde de la pop blanche.
Logiquement, le documentaire débute par l’enfance de Whitney Houston, dans les années 1960 à Newark dans le New Jersey. Période sanglante dans l’histoire de l’Amérique (et de Newark en 1967) qui a vu des émeutes éclater et un conflit s’engager entre la communauté noire et le pouvoir local. Encore aujourd’hui, il semble y avoir une scission entre blancs et noirs aux Etats-Unis, et entre les différentes communautés. Ainsi, Whitney Houston, dont la couleur de peau n’est pas assez noire pour les jeunes de son quartier, avec son prénom tout droit sorti d’une sitcom de blancs et son éducation au-dessus de la moyenne, s’est constamment retrouvée à la frontière des deux. Et ce, en dépit d’une formation au gospel et à la soul, héritée de sa mère (ancienne choriste célèbre), qui lui aura conféré cette voix unique, probablement inégalée.
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