Willard
6.5
Willard

Film de Glen Morgan (2003)

L'horreur animalière est un genre que j'affectionne particulièrement. Et vu la qualité douteuse de certaines productions, c'est aussi un vrai plaisir coupable.


Mais Willard se démarque de ce que j'ai l'habitude de voir.

Pas de requins, d'araignées ou de serpents géants à l'horizon... mais des rats.


Personnellement, je n'avais jamais rien vu de semblable auparavant. Cette version de 2003 est un remake du film éponyme de 1971. J'ai regardé les 2, et j'avoue que ce remake est fort sympathique. Je le trouve plus angoissant et plus noir. Le physique inquiétant et le jeu de Crispin Glover y sont pour beaucoup. Dans l'original, l'acteur principal parait plus juvénile, et globalement le film penche plus du côté du drame que vers l'horrifique.


Dans ce remake, nous suivons Willard. Un jeune homme effacé, maltraité par un patron tyrannique et rabaissé par une mère étouffante. Même physiquement, il a tout de la victime idéale (à la manière d'un Georges McFly finalement ;))


Willard m'évoque aussi beaucoup le personnage de Carrie White, il est comme un volcan au bord de l'éruption. Et lui aussi se découvre un talent bien singulier. Par un hasard total, il se découvre le don d'apprivoiser des rats.


Willard n'est pas un film d'horreur animalière comme les autres. Les rats ne représentent pas seulement un ressort horrifique, ils sont aussi le levier du développement personnel de Willard.

Cela est particulièrement visible dans sa relation avec Socrate, le rat blanc. Le seul rat blanc d'ailleurs, qui se distingue au milieu des autres rats, gris foncés ou noirs. Quand Socrate est tué, c'est tout ce qu'il y avait de bon en Willard qui disparait avec lui. Le blanc s'éteint et laisse sa place au noir. La colère de Willard est prête à jaillir.

La relation de Willard avec ses rats lui permet de se sentir exister, pour la première fois il a l'impression d'être apprécié pour ce qu'il est.


Habituellement, quand on regarde un film dans lequel un animal dévore des gens sans vergogne, nous avons tendance à oublier une chose pourtant essentielle : l'animal ne vous juge pas, l'animal ne vous accable pas de reproches, l'animal vous accepte, tout simplement.

Entre les rats et les humains, Willard semble avoir fait son choix. Et malgré des scènes horrifiques bien exécutées, nous ne perdons pas de vue que peu importe l'animal qui dévore ses victimes, la pire des créatures sera toujours l'humain


Ce film, est aussi à mon sens une petite prouesse technique, les scènes avec les rats sont techniquement irréprochables.. Dans l'original également, pas d'animatronic ou d'effets spéciaux douteux.


Sans être phobique, le rat n'est pas un animal que j'affectionne particulièrement. Mais je trouve ce film très intéressant de par les thématiques abordées et les rats y sont utilisés avec beaucoup d'intelligence.


Pour paraphraser un oncle célèbre, oui, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, mais parfois, c'est dans les plus petites choses que naît le grand pouvoir.






Winslow-Leach
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le 19 juin 2025

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