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le 3 sept. 2017
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Le film s'approchant de son terme, la petite angoisse. Pourvu que que son dénouement ne trahisse pas ce que ce faux polar était jusque là, avec un suspens inutile ou un final en face-à-face convenu...
Le film s’ouvre sur la fin, créant d’emblée un suspense efficace : on sait que la violence va survenir, mais pas encore qui en sera la victime. Un début de polar classique et habile, qui laisse ensuite place à une première partie beaucoup trop longue qui finit par s’épuiser dans un sentimentalisme un peu appuyé : le divorce, le garçon seul, l’homme taiseux, puis la mort de la jeune femme et la réaction de sa famille. Sheridan cherche certes à contenir le pathos, à donner à cette douleur une certaine dignité, presque une forme de virilité, mais l’émotion est parfois trop visiblement fabriquée.
Le personnage de Lambert, le pisteur et chasseur, est en revanche une assez belle trouvaille narrative. Son travail, presque animal, qui consiste à flairer les traces laissées par les prédateurs, se superpose à celui de l’enquêteur : tous deux cherchent, déduisent, reconstituent à partir d’indices minuscules. Lambert porte également son propre deuil, qui vient faire écho à celui de la famille indienne. L’idée est intéressante, même si le personnage est peut-être trop parfait moralement, trop taiseux et trop sûr de lui pour être véritablement crédible. On retrouve là une certaine tendance au manichéisme du cinéma américain, déjà perceptible dans Comancheria, également écrit par Taylor Sheridan.
Le film s’emballe cependant lorsqu’il cesse de vouloir nous émouvoir pour simplement nous mettre sous tension. La scène où policiers et employés de la plateforme pétrolière se font face, se regardant en chiens de faïence, les armes braquées les uns sur les autres, est particulièrement réussie. De même, le procédé qui consiste à interrompre le récit pour revenir au flash-back au moment précis où l’agente du FBI frappe à la porte est une très belle idée de construction narrative.
Malheureusement, le film retombe ensuite dans ses travers : effets spéciaux parfois douteux, personnages de nouveau très schématiques et regard presque démagogique porté sur les violences faites aux femmes. Car c’est finalement le message politique de Wind River : les violences sexuelles et les féminicides, particulièrement lorsqu’ils frappent les femmes amérindiennes. Le propos est évidemment légitime, mais on sent parfois l’opportunisme moral dans la manière de le mettre en scène, comme si l’indignation devait suffire à produire de la profondeur.
Il reste un thriller efficace, porté par une atmosphère glaciale et quelques très belles scènes de tension, mais trop démonstratif, trop sentimental et trop manichéen pour véritablement convaincre.
Créée
le 1 oct. 2026
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