Quand je devais avoir douze ou treize ans, j’avais un pote qui habitait à deux pas de chez moi qui avait une énorme collection de DVD d’horreur. C’est à cette époque là qu’on a regardé tous les Halloween, des Chucky, ou bien les Wishmaster. Je me souviens qu’à l’époque, ces derniers m'avaient plutôt impressionné pour leurs effets spéciaux et le côté fun du concept, celui du “be careful what you wish for” qui déforme les vœux de façon malicieuse. Mais contrairement à Michael Myers qui me foutait la trouille et me faisait regarder derrière mon épaule alors que je rentrais chez mes parents à la tombée de la nuit, le djinn n’avait rien d’intimidant.


Cette année, c’est après avoir vu Obsession en salles que j’ai eu le désir de replonger dans ce souvenir d’enfance, bien conscient que la patine des souvenirs aurait sûrement amélioré la réalité de ce qu’est le film de Robert Kurtzman. Et effectivement, je ne m’étais pas trompé.


Dès le générique, Wishmaster dévoile toute son ambivalence. On a tout d’abord une scène qui entrecoupe les crédits en montrant la fabrication de la gemme qui sera centrale au récit. Je me dis “chouette, au moins ils montrent un nœud scénaristique plutôt que de le balancer au détour d’une réplique”. Sauf que dès que le générique s’achève, on a le droit à deux longs cartons textes qui viennent expliciter ce qu’est la nature d’un djinn. On a donc d’un côté le “show don’t tell” et son contraire, juxtaposés sans aucune arrière pensée par le montage, et faisant ainsi passer la bonne idée initiale pour un accident de parcours.


Pareil pour les effets spéciaux. D’un côté, on a le droit à des effets pratiques, en dur, qui ont vraiment de la gueule et tutoient les sommets du genre sans sourciller. Et pour cause, Kurtzman, ici derrière la caméra pour la seconde fois de sa carrière, est surtout connu comme un des artisans FX de Sam Raimi, John Carpenter, ou autres Stuart Gordon. Sauf qu’à côté de cette réussite, on a des effets spéciaux numériques tout bonnement affreux, même pour l’époque. A se demander comment ils ont pu laisser passer ça.


Et c’est à peu près tout pour les ambivalences, car le reste du film est assez miteux. Le méchant sous forme humaine à une gueule d’acteur de soap opera, le montage est chaotique, les jumpscares pullulent gratuitement et sont complètement décorrélés de l’intrigue. Et si niveau casting, on a bien quelques apparitions de Robert Englund, Tony Todd ou Ted Raimi, leur implication relève plutôt du caméo que de véritables personnages, les acteurs principaux étant quant à eux complètement aux fraises.


Wishmaster vaut ainsi plus pour la qualité de ses effets que pour son concept finalement pas super bien exploité, et à au moins le mérite de se plier en 1h30. Honnêtement, je m’attendais à pire.


Créée

il y a 5 jours

Critique lue 3 fois

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