6
le 20 janv. 2025
SuivreLa violence du père
Il n’y a que les « véritables » cinéphiles qui s’en souviennent, mais il y a cinq ans, Leigh Whannel nous offrait une réussite mémorable avec son Invisible Man, remarquable réécriture de l’histoire...
Voir le film
Leigh Whannell poursuit son autopsie du monstrueux, explorant une nouvelle fois les failles du corps et de l’identité après Invisible Man (2020). Avec Wolf Man, il n’aborde pas seulement la lycanthropie comme un phénomène surnaturel, mais comme une déchirure intime, une contamination progressive où l’humain se défait de lui-même. Il inscrit son film dans la tradition du body horror, un cinéma de la chair altérée et de la psyché fracturée, où la transformation n’est pas seulement physique, mais existentielle.
Whannell filme cette mutation comme une fatalité génétique, un héritage impossible à fuir. La lycanthropie n’est pas une malédiction surgie d’un conte, mais une logique biologique implacable. Blake lutte contre un destin qui lui échappe, cherchant désespérément à préserver son humanité tandis que son corps et son esprit s’abandonnent à quelque chose de plus ancien, de plus primaire. L’horreur vient moins de la monstruosité elle-même que de la conscience de la perdre.
La mise en scène épouse cette descente aux enfers. La bande-son, jouant sur les distorsions auditives, amplifie la sensation d’un monde qui se dérègle. Pas de jump scares, pas d’effets faciles, mais une tension diffuse qui transforme chaque scène en une agonie silencieuse.
Si Wolf Man fascine dans sa première partie, il finit toutefois par céder aux codes du monster movie. Ce qui débutait comme une réflexion troublante sur la perte de soi glisse vers une mécanique plus convenue, où la traque et la survie prennent le pas sur la tragédie intime. Le film frôle l’excellence avant de retomber dans un schéma attendu, refermant son propos au lieu de l’étirer vers l’inconnu.
Reste une expérience sensorielle forte, un film où le corps devient le théâtre d’un combat perdu d’avance, où l’horreur ne réside pas tant dans la bête qui émerge que dans l’idée même de sa présence enfouie. Un film qui, malgré ses limites, pose cette question obsédante : et si le monstre avait toujours été là, tapi sous la peau, attendant simplement le bon moment pour surgir ?
Créée
le 9 févr. 2025
Critique lue 333 fois
6
le 20 janv. 2025
SuivreIl n’y a que les « véritables » cinéphiles qui s’en souviennent, mais il y a cinq ans, Leigh Whannel nous offrait une réussite mémorable avec son Invisible Man, remarquable réécriture de l’histoire...
6
le 18 janv. 2025
SuivrePassé de scénariste très doué à cinéaste ne cessant de monter en puissance en l'espace de quelques années, Leigh Whannell était forcément attendu au tournant avec "Wolfman", sa deuxième relecture...
6
le 9 févr. 2025
SuivreLeigh Whannell poursuit son autopsie du monstrueux, explorant une nouvelle fois les failles du corps et de l’identité après Invisible Man (2020). Avec Wolf Man, il n’aborde pas seulement la...
8
le 28 sept. 2025
Suivrele 2 déc. 2025
Qui est le film ? Bugonia est la transposition par Lanthimos d’un matériau coréen. Le film reprend librement la structure de Save the Green Planet! (2003) et s’en fait une réécriture en anglais. Le...
7
le 1 déc. 2024
SuivreDans l’écrin chromatique du pays d’Oz, Wicked déploie un tableau où le familier et la ré-inventivité se répondent. Les palais scintillent d’émeraude, les prairies s'étendent, et les costumes...
3
le 31 janv. 2025
SuivreDans "Jouer avec le feu" , Pierre, cheminot veuf, n’a que ses mains pour travailler, que ses principes pour tenir debout. Il a élevé ses fils dans l’idée d’un monde juste, où la lutte ouvrière et la...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème