Le mythe du loup garou fait partie de ces légendes intemporelles inspirant les réalisateurs les uns après les autres.
Cette adaptation fait de la lycanthropie une maladie. Rien de plus classique que de faire passer l'impossible pour du presque possible avec une excuse scientifique qui ne dépassera jamais ce stade.
Cette part de mystère prend son sens avec le message que souhaite faire passer le réalisateur : ici, aucune place aux explications, à quoi bon ?Seule la détresse est autorisée, qu'iraient faire nos héroïnes de justifications à tout va entre deux courses poursuites contre la mort.
Le long métrage fait cependant d'intéressant parallèles, les laissant se chevaucher les uns les autres. Blake est en plein processus de deuil de son père, un déni déguisé depuis des années, et seul un concours de circonstances lui permet d'en sortir : tuer son père. Rien de mieux au final pour sortir d'un deuil que d'en tuer la personne à l'origine.
Mais cette lycanthropie finalement, est-elle vraiment une maladie ? Ou une malédiction familiale ? Blake a toutes les raisons de croire que sa fille en sera la prochaine victime.
Et cette pauvre petite, elle même obligée de faire le deuil de son père au moment où elle prononce sa sentence.
En soit, ne serait-ce pas la transformation qui matérialise ce processus de deuil ? Elle lui donne une forme concrète. Celui qui était, n'est plus. Il n'est plus capable de penser, plus capable de parler, plus capable de voir : il n'est plus vivant. La transformation de l'homme à la bête est synonyme du passage de la vie à la mort. Ici maladif. Long et douloureux. Éprouvant, autant pour le malade que la famille impuissante.
Et cela se ressent à travers la durée du film, 1h40 est loin d'être long de nos jours, et pourtant, malgré la rythmique, le film était long. Non pas par des longueurs qui n'y avaient pas leur place, mais par le processus de maladie. Par les différentes étapes, et la détresse des personnages qui la subissent tout du long.
D'un point de vue technique, j'ai beaucoup apprécié le changement de point de vue humain/bête, montrant que la conscience du malade était toujours là. Et certainement son envie de se battre. Le maquillage était bien fait, un milieu que je ne saurais qualifier de juste mais qui correspond bien à l'aspect maladif de la lycanthropie.
Les personnages manquent de développement, et je trouve que cela empêche un peu de se faire une idée sur la qualité du jeu d'acteur, même s'il était loin d'être mauvais. Mais encore une fois, le film n'avait pas pour objectif de dépeindre des personnages, mais leurs expériences.