Le cinéma iranien nous a habitués à apprécier ses récits à tiroirs où un engrenage fatal suscite une succession de scènes amenant à un degré tragique de fatalité. World War III, au titre métaphorique, ne procède pas autrement; entraînant des conséquences pour le moins inattendues. Le cadre dans lequel se déroule le long-métrage n'est guère banal : celui d'un plateau de tournage d'un film sur les atrocités du 3ème Reich, dont le caractère douteux parait évident. Est-ce à dire que le monde du cinéma ressemble à une entreprise fasciste, avec ses strates d'autorité et l'arbitraire de ses décisions, vis-à-vis de ses plus humbles serviteurs ? C'est ce que sous-entend le côté méta du film, au cœur d'une intrigue qui, par ailleurs, ne lésine pas sur les rebondissements, y compris en son dénouement. Choisi pour représenter l'Iran à l'Oscar du meilleur film étranger, World War III ne manque ni d'inspiration ni de rythme et bénéficie de l'interprétation exceptionnelle de Mohsen Tanabandeh. Il n'est cependant pas interdit d'estimer que le film pousse le bouchon un peu loin dans ses développements, de telle manière qu'il en perd une grande partie de sa crédibilité, en dépit de scènes très réussies, parfois en dehors de la tonalité générale, telles celles réunissant le héros avec une prostituée sourde et muette.