L'après séance du Detective : X-Men : Days of Future Past
Réalisateur : Brian Singer
Casting : Hugh Jackman (Wolverine), James McAvoy (Charle Xavier du passé), Michael Fassbender (Magneto du passé), Jennifer Lawrence (Mystique), Patrick Stewart (Charles Xavier du futur), Ian McKellen (Magnéto du futur)
Genre : Action, Science Fiction
Date de sortie : 21 mai 2014
Dans un futur apocalyptique, les Sentinelles (êtres robotiques) chassent et tuent tout être vivant. Wolverine est envoyé dans le passé pour modifier un événement majeur qui pourrait rétablir l’ordre.
Après 11 ans, Brian Singer revient aux commandes d’un film X-Men, mais le réalisateur de Usual Suspects a-t-il été à la hauteur ? Une question légitime, puisqu’avec le dernier Amazing Spider-Man de Marc Webb qui est pourtant un bon réalisateur (Cf. 500 jours ensemble), nous sommes en droit de nous poser certaines questions sur la qualité cinématographique hollywoodienne et du « genre » super-héroïque en pleine régression. Pourtant, je peux vous rassurer, à mon humble avis Brian Singer a réussi à sauver les meubles même si X-Men : Days of Future Past reste le film de la discorde.
X-Men : Days of Future Past débute sur un univers post-apocalyptique qui n’a rien à envier aux plus grands films catastrophe et nous plonge directement dans l’intrigue. Une trame entièrement basée dans le passé puisque le futur est ensuite mis de côté pendant 1h30 du film, ce qui déconstruit le rythme d’une histoire basée sur le voyage temporel. Les quelques ficelles scénaristiques, comme le lien qui unit Wolverine à Kitty Pride pouvant être brisé, rattache le passé et le futur mais sans grande conviction. L’intrigue principale du film s’échafaude de telle sorte qu’il est finalement difficile de comprendre où elle veut nous mener, pour un twist ending assez décevant. La complexité scénaristique alourdit le film. En voulant y intégrer pratiquement tous les événements des cinq films précédents, Brian Singer a provoqué des incohérences au bord de la calomnie pour les plus grand fans. Mais faire l’impasse sur ces anomalies permet d’apprécier tant bien que mal quelques clins d’oeil et détails intéressants. Cependant, X-Men : Days of Future Past reste un très bon divertissement, il réussit le pari rare de condenser humour, émotion (avec un dialogue intemporel entre les deux Charles Xavier qui fait frissonner) et action avec brio. Un deuxième point positif important est le contexte du film. En pleine guerre froide, il vous fera revoir vos cours d’histoire en 2h10 tout en intégrant le problème des mutants à la politique de l’époque. Sur un point de vue plus philosophique, le scénario de Brian Singer traite toujours de problématiques propre au réalisateur sur la condition humaine, toujours en lutte face au racisme ou au rejet de l’autre.
L’un des plus gros avantages du film reste son casting, le film étant porté par des acteurs incroyables et de générations différentes. Tous les acteurs restent corrects, seulement une place peut-être trop importante est accordé au personnage de Mystique (même si la prestation de Jennifer Lawrence est excellente). Ainsi d’autre très bon acteurs en pâtissent comme les Charles Xavier et Magneto passé/futur, ou encore Omar Sy le frenchy de la bande dans le rôle de Bishop, vaillant chevalier « muet » du futur qui ne fait pas d’étincelles et ce sur un court temps d’apparition. L’utilisation de Wolverine comme le personnage destiné à changer les choses, on le comprend assez vite et facilement, n’est qu’un atout marketing puisque dans la bande dessinée, c’est Kitty Pride qui remonte le temps. Mention spéciale pour Peter Dinklage qui de sa petite taille reste très convainquant dans son rôle (ça doit être la moustache).
La réalisation du film est aussi sujet à division, les effets spéciaux spectaculaires (je dois bien l’avouer) semblent mal être gérés. Ils sont parfois utilisés inutilement, par exemple avec la scène de Magneto déplaçant un stade entier pour simplement encercler le pentagone, une scène n’apportant pas grand intérêt. Il arrive d’autres fois que les effets spéciaux soient très efficaces comme lors des scènes incroyables impliquant Quicksilver penchant pour un côté plus humoristique. Néanmoins, pour le deuxième film le plus onéreux de la FOX (après Avatar), on reste sur notre faim. Tout le monde sera d’accord sur un point : L’atmosphère des combats des premiers opus y est, Brian Singer garde cette habilité à chorégraphier des scènes de combats impressionnantes en utilisant jusqu’au bout le potentiel de « ses super-humains ».
Conclusion : Alors qu’il explose tous les scores de Box Office des précédents film X-Men, Days of Future Past n’est pourtant pas le meilleur film de super-héros de l’année. À la fois excitant et déroutant, certains pourraient y laisser des plumes même si on peut le caractériser de convenable.
Note : 12/20