Yannick a pris sa soirée pour aller voir une pièce de théâtre. Il a du se farcir les démoniaques transports parisiens pendant 45 minutes, gérer son emploi du temps car il travaille souvent de nuit et a payé son billet rubis sur l'ongle. Alors quand il réalise que la pièce en question est une sombre bouse, il décide de se lever et de faire savoir à tout le monde qu'il va falloir faire un effort...


Quentin Dupieu, un cinéaste que j'appréciais beaucoup, a construit au fil des années un système bien rôdé. Tel un Stark ou un Murakami, il décline désormais sa formule alchimique à l'envie :

1. Une pincée d'acteurs en vogue

2. Un scénario écrit en un temps record

3. Un tournage éclair dans deux ou trois décors souvent cheap

Pourquoi se priver quand les gens donnent l'argent?


Fatalement, cette accélération du temps se traduit par de plus grandes fluctuations (regardez le trading haute fréquence). Ici, c'est la qualité qui fluctue et parfois méchamment vers le bas, en témoigne l'innomable "Mandibules".


Yannick, lui, est heureusement dans le haut du panier, en grande partie grâce à son concept tout à fait délectable et des dialogues assez savoureux. Yannick s'éclate dans sa prise d'otage lunaire et nous avec. On apprécie d'autant plus son initiative que Dupieu, intelligemment, nous inflige des premières minutes lamentables nous invitant fermement à partager le point de vue du protagoniste principal. Par la suite, on reste en haleine à se demander quelle nouvelle crétinerie va bien pouvoir germer dans son esprit perturbé (mais tout à fait cohérent, et c'est cela qui est appréciable).


Le casting est impeccable. Blanche Gardin n'a pas grand chose à jouer mais ses interventions sont toujours fort cocasses, comme lorsqu'elle tente de motiver Pio Marmaï en lui promettant une histoire de fesses qu'il n'a visiblement jamais demandée. Raphaël Quenard est quant à lui parfait dans le rôle principal, tour à tour pathétique, méprisant, demeuré, énervant, lucide et attachant. Le film repose tout entier sur ses épaules.


Bref, un bon cru de la manufacture Dupieu. Pour 1h07 de film, on aurait tort de se priver.

Drdrosophile
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le 16 févr. 2025

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Drdrosophile

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