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le 29 déc. 2023
SuivreBien foiré
Ce film qui aurait dû me procurer le rire et la réflexion par son concept inhabituel, ne m'a procuré que l'ennui. Très déçu. Au fond, comme Yannick ( Raphaël Quenard ), sauf que lui craque et prend...
Là où le film d'Agnès Jaoui (Le goût des autres) racontait une bourgeoisie curieuse de culture, avec Yannick, Dupieux filme l’inverse, des individus ordinaires qui ne cherchent plus à s’élever vers l’art, mais à le ramener à hauteur d’homme.
Au départ, tout est figé dans un miroir sans tain : acteurs autocentrés et spectateurs passifs coexistent sans se voir vraiment, protégés par un quatrième mur confortable où chacun joue son rôle sans risque. Le théâtre fait figure de rituel, poli et creux.
L’irruption de Yannick brise cet équilibre. En introduisant la contrainte, il réinjecte de l’enjeu là où il n’y en avait plus : on ne regarde plus, on subit, on réagit, on existe. Le spectacle redevient vivant, non par sa qualité artistique, mais par la tension qu’il impose.
Le paradoxe, c’est que Yannick ne propose rien de solide en retour, si ce n'est un geste bancal. Pourtant, ce qu’il tente de reconstruire est ailleurs : non pas une œuvre, mais un lien. Être entendu, provoquer une réaction, forcer une réciprocité.
En ce sens, Yannick ne critique pas seulement un théâtre élitiste ou vidé de sens. Il met en scène une époque où le besoin n’est plus d’accéder à la culture, mais de retrouver, à travers elle, une forme de reconnaissance et de contact humain, quitte à passer par la rupture.
Créée
le 5 avr. 2026
Critique lue 8 fois
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