Le premier long-métrage de Ben Goodger, Year 10, partait d’une base solide : un cadre post-apocalyptique minimaliste, une forêt hostile, et l’idée d’une survie réduite à l’essentiel. Sur le papier, c’était le projet idéal pour un petit budget – un film centré sur la psychologie sans nécessiter d’effets spéciaux coûteux. Parmi les rares éléments convaincants, la menace des chiens errants, redevenus sauvages, se distingue. L’idée est crédible et aurait pu servir de colonne vertébrale à une atmosphère oppressante. Dommage que le reste du scénario ne tienne pas ses promesses.
Le premier écueil, et non des moindres, est la temporalité. L'histoire se déroule dix ans après l’apocalypse, un laps de temps trop court pour justifier la régression des survivants et leur ignorance soudaine des ressources vitales (armes à feu, systèmes de purification) qu’ils découvrent miraculeusement en deux jours. Leur apparence physique (Jack est rasé de près, sans cicatrices) trahit aussi un manque de réalisme.
De plus, le mutisme de pratiquement tous les protagonistes après seulement dix ans paraît superficiel et peu crédible. Une telle perte de la communication verbale serait plus logique cinquante ou cent ans après l'apocalypse, mais paraît bizarre après une décennie. Le scénario, mal réfléchi et mal exécuté.
Year 10 est en définitive une occasion manqué noyés sous les incohérences. Pour qu’un tel projet fonctionne, il fallait une écriture rigoureuse et une cohérence sans faille.