Si ce n’est pas l’école qui a dicté nos codes, alors qui ? Lorsque leurs trois fils de onze ans sortent un clip de rap dont les violentes paroles font pâlir les animateurs réactionnaires de BFM TV, Fanta, Samira et Amandine tombent des nues. Mais plutôt que de sanctionner le comportement des préadolescents qui ne répondent plus qu’au langage du rap, les trois mères décident d’utiliser ce médium et ses codes en écrivant leur propre morceau pour rétablir un contact avec leurs enfants. Avec autant de naïveté que d’humilité, le film interroge le rapport trouble que l’on entretient avec l’autorité parentale et institutionnelle à l’aube de la puberté ainsi que le rôle joué par la musique dans ces actes fondamentaux de rébellion. En plus de porter un message sain sur la place de la violence verbale dans l’expression artistique, la co-réalisation de Leïla Sy et Amadou Mariko pose avec malice la question de la représentation féminine dans cet art trop souvent viriliste et misogyne. Limité dans son discours en raison de sa volonté largement comique, le film s’appuie cependant sur un excellent trio de mères devenues rappeuses - Claudia Tagbo, Sophie-Marie Larrouy et Zaho - pour offrir un divertissement efficace et sans prétention, agrémenté d’impeccables morceaux de rap. Et nous rappeler que même quand tout le monde est contre toi, ta mère reste ta meilleure amie.