Derrière l’ambition affichée — mêler fantastique japonisant, action et introspection — Yoroï peine à trouver un fil conducteur solide. Orelsan multiplie les piques contre la société française, dans la lignée de ce qu’il fait déjà dans ses albums, mais ces dénonciations partent dans tous les sens sans jamais s’ancrer dans une vraie logique de récit : célébrité, réseaux sociaux, paternité, pression sociale s’enchaînent sans lien véritable, comme si le film cochait des thèmes plutôt que de les creuser.
Le résultat donne l’impression d’un ego-trip cinématographique où l’artiste se met en scène plus qu’il ne raconte vraiment une histoire. Les intentions critiques sont là, mais elles restent en surface, plaquées sur une intrigue de yōkai qui peine déjà à tenir debout par elle-même. L’ennui s’installe assez vite, et l’ensemble finit par sembler sans réel intérêt, incapable de tenir en haleine sur la durée.
Un film qui veut dénoncer beaucoup de choses à la fois, et qui finit par n’en dire aucune avec force. Un ego-trip dispersé qui peine à captiver.