Il y a trois David Koepp : celui qui fait des scénarios traités par des cinéastes talentueux (ce qui donne Spider-Man, Panic Room ou autres War of the Worlds), celui qui fait des scénarios traités par des branques (ce qui donne Inferno, The Mummy ou autres Mordecai), et celui qui réalise ses propres scénarios et qui tombent dans un entre deux, comme A Stir of Echoes ou You Should Have Left.
Car oui, le film qui nous intéresse là ne casse pas trois pattes à un canard, mais il n’en est pas non plus un vilain petit de l'animal indemne. Derrière ses allures formelles de film de maison hantée tout ce qu’il y a de plus conventionnel et un déroulé narratif qui ne surprendra personne, quelques petites trouvailles viennent susciter un intérêt (qui reste mesuré).
Ainsi j’aime beaucoup ce décor, cette maison de briques froides construite comme une succession de couloirs où s’enchâssent aléatoirement des pièces aux dimensions plus aléatoires encore, toujours dans une monotonie géométrique et colorimétrique. De quoi renforcer cet aspect labyrinthique, ce dédale dans lequel se perdent à la fois le temps et les émotions.
J’apprécie également que les personnages ne nous ressortent pas le sempiternel scepticisme face au fantastique, et se mettent d’accord dès la première instance pour dire que quelque chose cloche, et qu’il ne va pas falloir traîner dans les parages. Un côté cartésien qui va de pair avec la volonté de Koepp de nous faire comprendre que la peur doit in fine venir des potentielles réactions de Theo plus que des mystères de cette demeure aux dimensions variables.
You Should Have Left ne réinvente pas la roue, mais se laisse suivre sans déplaisir grâce à l’espace qu’il laisse à ses personnages pour se dévoiler plus avant, par l’entremise de ce décor-personnage.
Merci Liehd pour la reco!