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Jaieumadoz !
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le 24 juil. 2011
Une affaire de kitsch. Voilà la problématique Zardoz / Excalibur, ovnis dans la filmographie pour le moins disparate, tant par les sujets traités que par la qualité, de John Boorman. Auteur du chef d’œuvre Délivrance, précurseur du survival, il est aussi responsable de sombres navets dont La Forêt d’émeraude, sommet de ringardise eighties sous cachet écolo. Parmi ses films inclassables, Zardozet Excalibur, réalisés à quelques années d’écarts, appréhendent un monde à part, sans le même succès toutefois. Et quitte à surprendre, c’est bien le premier qui a le mieux vieilli.
Probablement Excalibur pâtit-il un peu de l’image inconsciente que l’on peut se faire de l’époque de la chevalerie. Celle d’une certaine forme de noblesse, volontiers accompagnée de violence et de grands espaces. Or ici chaque scène semble avoir été réalisée sur un plateau minuscule : tout est ramassé, renfermé, alors que l’Irlande, où le film a été tourné, offre les espaces sauvages que l’on sait. Regarder Excalibur aujourd’hui est une expérience cruelle, tant il n’est pas rare que l’on pense à un vilain feuilleton M6 : costumes, décors, tout semble terriblement artificiel. Mais au-delà de cette interprétation contestable d’un univers déjà bien défriché par la littérature, ce sont les péripéties, mécaniques, qui nous font rapidement lâcher prise : le rythme pâtit d’ellipses grossières et les ressorts dramatiques sont si appuyés qu’ils en sont parfois risibles. Petite bizarrerie du film : un étrange humour pince-sans-rire apparaît aux moments les plus inattendus, laissant parfois penser à un remake de Sacré Graal des Monty Pythons… Le contraste avec le premier degré avéré des scènes de combat ou des scènes plus intimes est pour le moins déroutant. Tout cela conduit inévitablement à un manque d’immersion, et l’on se retrouve étrangement distant face à ces sautes de rythme saugrenues.
Zardoz, qui pousse encore plus loin le bouchon de la bizarrerie et du mauvais goût (il faut dire qu’il est sorti quelques années plus tôt), se regarde au contraire avec un réel plaisir : toute notion de référence est effacée, tout est nouveau, intriguant. Des règles de narration jusqu’aux codes de cette civilisation post-apocalyptique, tout est bouleversé, secoué la tête en bas. Zardoz se vit donc comme une expérience, presqu’un jeu dont on est le héros, à travers les yeux d’un Sean Connery d’une mâlitude complète. L’ambiguité de son physique, celui d’une brute à moustache épaisse éclairée par une grande finesse de traits, font de lui le candidat parfait à cette éducation sentimentale et intellectuelle que décrit Boorman avec panache. Drôle, intelligent, décalé, le récit se déroule avec fluidité malgré sa complexité et le résultat se révèle au final parfaitement jouissif.
Ainsi, le kitsch d’Excalibur, empâté, souffrant de l’imaginaire que l’on s’est créé à partir de nos lectures sur la Table Ronde, est effacé par celui de Zardoz, gavé d’une liberté radieuse et fraîche, même près de quarante ans après sa sortie.
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Créée
le 17 sept. 2018
Modifiée
le 4 juin 2024
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