"Les enfants sont à la fois un symbole d’origine et d’avenir. Ils portent en eux l’espoir qu’on leur transmet. On en compte des milliers dans Zion, qui brosse le portrait de citoyens guadeloupéens en crise d’identité. Le premier long-métrage de Nelson Foix confronte ainsi un jeune délinquant à des responsabilités qui le dépassent. Entre le drame intime, voire mystique, et le thriller mafieux, ce joyau venu des Antilles prouve avec audace des envies de cinéma qui font vibrer nos sens."
"Chris mène une vie à cent à l’heure au crochet de sa motocross, ses petits deals et ses relations éphémères. Tout le prédestine à briller dans le banditisme, mais il a su garder ses distances avec ce milieu impitoyable. Livré à lui-même, sans tenir compte des précieux conseils de son ami ou de sa famille, il finit par prendre sa place dans un cycle de violence, où il devient une victime. Avec Zion, Nelson Foix n’y développe pas l’habituel dilemme moral structuré d’une ascension suivie d’une chute, maintes fois recyclé à tort et à travers dans les films de gangsters. Il y apporte de la nuance en bousculant fortement son héros candide lorsqu’il doit jumeler son rôle de « mule » à la garde d’un bébé."
"Zion est également une histoire de réconciliation intergénérationnelle, révélatrice des fractures sociales d’une Guadeloupe divisée entre tradition et révolution. En complément du récent Magma, ce département d’outre-mer continue de se redéfinir à travers un cinéma qui cherche à capturer les valeurs de ce petit monde en ébullition. Malgré les crises sous-jacentes qu’endurent les habitants de l’île papillon, un sentiment d’unité et de transmission persiste et fait chaud au cœur. C’est sur cette note optimiste que Chris achève son baptême de la rue, où il est courant d’y passer son examen avant d’apprendre ses leçons.
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