Zion, autrement dit le paradis.
Un titre provocateur pour nous plonger avec délice dans le côté obscur des Antilles in extenso, et en particulier du ghetto.
Attention ouvrez vos yeux et vos oreilles car tout les détails comptent, coupures d'eau, vie chère, armes, violence, drogue, dérives d'une certaine jeunesse,
responsabilités, rapport aux femmes, incurie des politiques, contradictions sociétales... Beaucoup de problèmes phares et récurrents de la société antillaise sont évoqués, parfois très brièvement,
mais l'exercice est louable en si peu de temps. Pas d'artifices, le scénario de ce drame avec des airs de Thriller est convenu et hyper bateau, mais bien servi par des dialogues concis et explicites et une mise en scène sobre mais diablement efficace.
Les décors sont naturels (tournage notamment dans le ghetto des cités), les acteurs se débrouillent bien, même si certains sont novices.
Il y a beaucoup de rencontres fortuites dans le déroulé de l'histoire, mais ce n'est pas improbable, l'intrigue se déroule sur une île après tout, comme le rappel d'ailleurs pertinemment un des personnages, la Guadeloupe.
Notez que certains commentaires peuvent rester inintelligibles pour qui n'a jamais vécu aux Antilles ou ne parle pas créole, cependant celà ne nuit pas à la compréhension de l'histoire,
et ne boudons pas notre plaisir, on se laisse aisément porter par cette histoire de baby boy tiré brutalement de sa vie légère et insouciante.
Une fable moderne qui est bien résumée par une des répliques du film comparant les leçons de la vie à celles de l'école. Bref un bon petit film sans prétention (rien de neuf depuis le vieux "Menace II society"), mais qui a le mérite de s'intéresser à une région et des sujets un peu délaissés par le cinéma Exagonal.