Dans une année marquée par une remise en question précieuse de la façon dont nous traitons les récits criminels des documentaires éclairants « Predators » et « The Perfect Neighbor » au livre « Murderland » de Caroline Fraser, richement documenté la perspective de Shackleton reste une provocation intrigante et digne d’intérêt sur notre soif culturelle de sang.
Zodiac Killer Project commence comme l’autopsie d’un échec, et finit par démanteler le sous-genre grâce à une sorte de jujitsu cinématographique. Vous repartez heureux que le projet de Shackleton ait fini par s’écraser et brûler.
Ce qui demeure, c’est un portrait intéressant même si trop souvent inutilement étiré de la frustration créative, de l’ego artistique et de l’éthique du récit dans un paysage saturé à l’excès.
C’est un exercice d’équilibriste difficile que le réalisateur dont les œuvres précédentes disséquaient les teen movies (Beyond Clueless) et les films d’horreur (Fear Itself) réussit avec un mélange de sincérité et d’espièglerie.
C’est le film le plus personnel de Shackleton à ce jour, même s’il parle de quelque chose qui n’existe pas. Ou peut-être est-ce pour cela qu’il paraît personnel : le voilà qui interroge enfin non seulement la convention formelle, mais aussi son propre désir de s’y intégrer.