Sorti fin mai 2026, 007 First Light est un jeu d’action, aventure, infiltration qui est un parfait mélange entre un Uncharted et un jeu Hitman. Et c’est pas une simple coïncidence, car les développeurs de 007 First Light sont IO Interactive ou les développeurs de la saga Hitman.

007 First Light réussit le pari d'adapter le plus célèbre des agents secrets britanniques dans une grande aventure d'action et d'infiltration. Le jeu propose une campagne condensée d'environ 15 heures sans remplissage artificiel ni quêtes secondaires répétitives, 007 First Light délivre une expérience dense, rythmée et particulièrement immersive.


Découvrez ma critique en vidéo ici.


L'histoire et la mise en scène


L'intrigue de 007 First Light se déroule aux origines du plus grand espion en mettant en scène un James Bond encore jeune, impulsif et vulnérable, bien loin du James Bond invulnérable et expérimenté que l'on connaît. Mandaté par le MI6 pour sa première grande mission sur le terrain, le futur agent 007 se retrouve projeté au cœur d'un complot géopolitique international visant à déstabiliser l'équilibre des grandes puissances. Même si l'histoire suit un fil conducteur classique qui coche méthodiquement toutes les cases de la saga — trahisons en haut lieu, alliances de circonstance, conspiration mondiale et machination d'un antagoniste mégalomane —, l'écriture parvient à maintenir un rythme soutenu du début à la fin.

C'est avant tout dans sa mise en scène que le titre impressionne, en adoptant un cadrage cinématographique particulièrement dynamique qui ne laisse aucun temps mort. Les transitions entre les phases d'exploration à pied et les cinématiques de dialogue se font sans la moindre coupure d'écran. La narration s'appuie sur une réalisation hollywoodienne ultra-soignée, ponctuée de moments de bravoure spectaculaires et de face-à-face sous haute tension où la personnalité encore jeune de James Bond fait étincelle. Enfin, cette atmosphère de grand film d'espionnage est magnifiée par une excellente bande-son magistrale : les arrangements orchestraux réinventent avec brio le thème mythique de James Bond. Durée : environ 15 heures.


Les visuels et l'environnement


Sur le plan graphique, 007 First Light est un jeu globalement très beau qui flatte la rétine à chaque instant grâce à une direction artistique magnifique et une technique irréprochable. Le jeu capture parfaitement l'essence cosmopolite de la saga en nous faisant voyager à travers une variété de décors dépaysants et hautement détaillés, allant de luxueux complexes urbains à des installations secrètes plus austères. La gestion de la lumière, la finesse des textures et le soin apporté à la modélisation des environnements participent pleinement à cette sensation de bloc-buster hollywoodien interactif.

Au-delà de la simple claque visuelle, c'est toute la conception architecturale des niveaux qui impressionne par sa richesse. Le jeu privilégie de grands espaces simili-ouverts conçus avec un level design particulièrement vertical et interactif. L'environnement n'est pas un simple décor passif, mais un véritable terrain de jeu stratégique : l'architecture regorge d'accès alternatifs, combinant conduits d'aération dissimulés, corniches praticables en façade, balcons suspendus et points d'ancrage en hauteur. Cette structure offre une immense variété dans les approches visuelles et tactiques.


Le gameplay et les mécaniques d'espionnage


Le gameplay de 007 First Light est excellent et diversifié. On est plongé au cœur d'espaces simili-ouverts conçus pour offrir une grande liberté d'approche, où l'observation et la préparation dominent, à l’instar d’un jeu Hitman, les mêmes développeurs. La phase d'infiltration s'appuie sur une exploration très inspirée de la saga Hitman : James Bond doit s'immerger dans la foule, analyser les rondes des gardes, écouter des conversations discrètes pour obtenir des codes d'accès ou repérer des faiblesses dans le dispositif de sécurité.

Pour progresser sans donner l'alerte, le jeu met à disposition un arsenal de gadgets emblématiques qui s'intègrent naturellement à l'action, qu'il s'agisse de pirater des caméras à distance, de neutraliser des systèmes électriques avec des montres modifiées ou d'utiliser des puces de distraction pour isoler une cible. Le level design tire pleinement parti de cette panoplie en misant sur une bonne verticalité : conduits d'aération, corniches étroites, façades à escalader et accès secondaires permettent de contourner les points de contrôle ou d'éliminer les ennemis en toute discrétion via des exécutions au corps-à-corps fluides.

Si nous nous faisons repérer ou nous choisissons l'affrontement direct, la transition vers les phases d'action et de gunfight se fait instantanément, permettant d'alterner entre tirs de couverture, tirs de précision au silencieux et fuites physiques, offrant ainsi un équilibre constant entre la finesse de l'espionnage traditionnel et les combats du terrain.


Les limites et les faiblesses


Les limites de 007 First Light apparaissent principalement dans la répétitivité de ses mécaniques et dans le manque de finition de certains systèmes secondaires. Bien que le jeu propose un rythme soutenu, la structure même des missions finit par accuser une certaine monotonie : chaque secteur s'articule autour de la même boucle en trois temps, débutant par une phase d'observation et de repérage très inspirée de la formule Hitman, glissant vers une séquence d'infiltration classique, avant de bifurquer vers un gunfight généralisé.

À cette répétition s'ajoutent des séquences d'action pures qui peinent à rivaliser avec les cadors du genre. Si l'infiltration est gratifiante, les gunfights manquent de sensations et proposent un gunplay très générique, renforcé par une intelligence artificielle un peu idiote par moment. En phase de discrétion, les ennemis souffrent d'errances classiques avec des routines de patrouille trop rigides et une perception environnementale permissive.

Enfin, l'expérience pâtit de plusieurs choix de design secondaires mal intégrés. Les séquences de conduite en véhicule s'avèrent particulièrement anecdotiques : très dirigistes et manquant de souplesse dans la prise en main.

Enfin, sur le plan narratif et de la durée de vie, le scénario déroule ses enjeux d'espionnage sans prendre de vrais risques, et l'absence totale de modes annexes, de choix d'impact ou de défis alternatifs fait qu'une fois la campagne de 15 heures achevée, le titre ne propose strictement aucune rejouabilité.


Mon verdict


007 First Light est une très belle réussite qui offre exactement ce qu'on attend d'un jeu James Bond : de la classe, des gadgets efficaces et une ambiance d'espionnage tirée au cordeau. Malgré un schéma de missions un peu répété et des gunfights classiques, sa campagne rythmée et sa réalisation plastique en font une aventure passionnante de bout en bout.


Note : 8.5/10


Points positifs


  • Durée de vie d’une quinzaine d’heures : Une campagne dense et condensée, sans remplissage artificiel ni quêtes secondaires répétitives.
  • Infiltration et gadgets : L'esprit James Bond est bien respecté avec un gameplay flexible laissant le choix entre discrétion, utilisation d'équipements technologiques et gunfights.
  • Mise en scène et ambiance : Une très bonne direction artistique et une ambiance espionnage efficace qui rendent hommage à la franchise.
  • Variété des situations : Un bon équilibre entre phases de filature, action et résolution d'objectifs dans des lieux variés et simili-ouverts.
  • Level design vertical et interactif : Les zones d'infiltration offrent de multiples voies d'accès, des conduits d'aération aux corniches, permettant d'aborder une même cible de plusieurs façons.
  • Bande-son et sound design : Les réarrangements du thème de James Bond et les effets sonores des armes/gadgets renforcent l'immersion digne d'une grande production cinématographique.
  • Un jeu globalement magnifique et très beau.

Points négatifs


  • Rejouabilité limitée : Une fois l'histoire terminée, il n’y a aucune rejouabilité.
  • Intelligence artificielle : Quelques errances classiques du genre dans les patrons de ronde et les réactions des ennemis en phase d'infiltration.
  • Mécaniques de tir classiques : Le gunfight est assez globalement générique.
  • Scénario prévisible : L'intrigue suit les codes traditionnels de la saga sans prendre de vrais risques narratifs.
  • Phases de conduite anecdotiques : Les séquences en véhicule Manquent un peu de souplesse et restent très dirigistes par rapport au reste de l'aventure.
  • La construction des niveaux est souvent assez similaire : phase d’exploration à la Hitman puis phase d’infiltration puis phase de shoot.


WanHero
8
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