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Codename 007
Depuis que j’ai retourné la dernière trilogie Hitman (environ 200 heures au compteur), je suis en mal d’infiltration sociale. Autant dire que lorsqu’il a été annoncé que le studio IO Interactive...
le 4 juin 2026
Depuis que j’ai retourné la dernière trilogie Hitman (environ 200 heures au compteur), je suis en mal d’infiltration sociale. Autant dire que lorsqu’il a été annoncé que le studio IO Interactive allait récupérer la licence James Bond, mon émoi fut grand. Si grand que First Light est devenu ma plus grosse attente de cette année 2026. Qu’allait donc faire le studio danois d’une si grosse propriété intellectuelle, d’un univers si propice à intégrer le cœur de gameplay auquel il nous avait habitué?
Il était évident que l’on ne pouvait pas calquer les spécificités de 47 à 007 sans y apporter de menus contributions. Premièrement à cause de la franchise même dont l’ADN comporte avant tout de l’action. Deuxièmement, par pur pragmatisme économique, pour pouvoir atteindre un marché plus mainstream qui, appâté par le nom de l’agent le moins secret du monde, se serait trouvé fort décontenancé devant le bac à sable à la myriade de possibilités qu’offre Hitman.
First Light tranche donc et propose une expérience hybride, avec des niveaux qui répondent toujours à une même construction ludique. Ainsi, quel que soit l’environnement exotique dans lequel on nous plonge, on commencera toujours par une phase d’infiltration sociale. On explore une zone plutôt ouverte, on découvre des opportunités (simplifiées par rapport à leur pendant Hitman), on chope là un plateau pour se faire passer pour un serveur ou un passe pour s’incruster à la soirée, et on trace sa voie parmi les trois ou quatres proposées pour atteindre le premier objectif. Une fois le checkpoint atteint et quelques cinématiques jouées, la seconde partie du niveau se solde par une séquence d’action, qu’elle prenne les traits d’une fusillade, d’une course poursuite ou d’un boss.
Si l’utilisation d’une telle boucle de gameplay semble le compromis idéal pour joindre la licence matricielle du studio à celle fraîchement acquise, elle entraîne également une certaine redondance sur la durée de l’aventure et un manque de surprise.
Mais que ce soit en infiltration ou en action, les développeurs ont su implémenter avec efficacité les particularismes bondiens.
On a d’une part les terrains de jeu susmentionnés, nombreux et variés, distinct dans leur atmosphère, et toujours présentés avec un soin particulièrement cinématographique. On pense par exemple à la découverte du dôme du prologue, ou à l’apparition d’Aleph au détour d’une dune, en plan large, avec un éclairage qui met en valeur le décor dans lequel nous allons évoluer. Le moteur graphique Glacier, s’il n’atteint pas la finesse du RE Engine de chez Capcom, permet de superbes rendus, notamment grâce à la gestion des éclairages qui envoi sec.
Qui dit James Bond dit évidemment cinéma, et donc réalisation, scénario linéaire mais fun, et dialogues insolents de notre avatar. Là-dessus rien à dire, IOI a livré un travail que je ne connaissais pas. Car si Hitman brillait par son humour, celui-ci était intrinsèquement lié à l’absurdité des situations dans laquelle notre tueur chauve se mettait. Ici, notre héros campé par un Patrick Gibson tout à fait charmant (le jeune Dexter de Original Sin) nous acquiert très vite à sa cause, à coup de punchlines bien senties et d’un bagou en décalage avec la sévérité de ses interlocuteur, mais au diapason de ce que l’on est en droit d’attendre d’un Bond réussi. D’autant plus qu’il évolue dans une histoire de premier pas certes convenue, mais plutôt entraînante. Le tout avec une mise en scène chiadée, que ce soit durant les cinématiques ou les phases de jeu (comme mentionné plus haut).
Enfin, avec 007 viennent les gadgets de Q. Présents à divers degrés dans les 27 films de la saga, il était évident qu’ils auraient une exploitation importante ici tant leur potentiel ludique est grand. Comptez donc une demi-douzaine de lasers, stylos-roquettes et autres fléchettes émétiques en plus de la montre (Oméga, évidemment). De quoi ouvrir différentes opportunités tant dans les phases d’infiltration que dans les phases d’action.
Et c’est d’ailleurs là une des grandes forces de First Light : sa rejouabilité. Car si l’aventure en ligne droite se boucle en une petite quinzaine d’heures, de nouvelles runs sont fortement encouragées par le jeu. Que ce soit par les possibilité offertes par notre arsenal, ou par les nombreux défis repris directement d’Hitman (ne pas se faire repérer, ne pas assommer le moindre garde, éliminer telle cible de telle manière, trouver tel objet caché…), la campagne nous invite sans cesse à y revenir, d’autant plus que l’on peut sélectionner les chapitres et sous sections qui nous intéresse.
En sus de cela, un mode supplémentaire permet de revisiter les lieux de la campagne avec des objectifs différents, à l’instar du mode Escalade déjà présent dans Hitman (trois objectifs consécutifs à remplir sur un même terrain de jeu avec une difficulté croissante), ou du mode Opérations qui vient mettre des handicaps. Un contenu additionnel qui est déjà annoncé comme plus fourni à l’avenir, permettant de profiter davantage encore du gameplay solide de First Light.
Je suis donc conquis. Je lui préfère cependant toujours Hitman, plus radical dans sa proposition et offrant bien plus de liberté, mais je m’attendais à ce lissage pour plaire au plus grand nombre et n’en suis donc pas déçu. D’autant plus que les séquences d’action sont vraiment nerveuses, bien rythmées, et rappellent les meilleurs moments de séries comme Uncharted.
James Bond will return nous annonce le générique, espérons que ce soit avec plus d’idées encore. La seule chose qui me chiffonne dans cette histoire, c’est que l’on est pas prêt de revoir 47…
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le 4 juin 2026
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