A Raven Monologue, c'est beau pour les yeux, c'est beau pour les oreilles, ça se lit avec les doigts clic-clic-clic comme un clip Arté diffusé sur la tranche minuit-une heure.
ça se boucle en quatre minutes montre en main, c'est aussi interactif que la box de ton téléviseur, c'est pareil sur Youtube que sur ton disque dur, c'est 100% gratuit et on n'y comprend rien.
Mais c'est beau, ça, c'est sûr.
Et c'est gratuit.
Et c'est poétique.
Et c'est court.
Mais on y comprend rien.
Après la peau de John Malkovitch, nous voilà dans la tête à Jean-Eudes. Il y a des imprimés jacquard sur les coussins du living-room, et toute une étagère de moustaches des brigades du tigre accrochée à l'entrée.
Mais c'est gratuit.
Et c'est beau.
Et c'est court.
Et c'est reposant.
Mais on n'y comprend rien.
C'est de l'art et de l'essai, comme ils disent ; et effectivement, on voit bien "l'art", on voit bien "l'essai", c'est bien balisé de ce côté-là, on ne risque pas de confondre avec une rétrospective Cyril Hanouna. Non parce que si tu ne sais pas, l'art et l'essai, ça se ressent avec le coeur, j'ai lu ça dans les pages de Rock and Folk. A toi d'imaginer le sens qui va avec. En l'occurrence, j'espère que tu as beaucoup d'imagination parce que les clés de la métaphore, elles sont dans la tête à Jean-Eudes, mais il ne se rappelle plus où il les a rangées. Peut-être derrière la machine à Frapuccino ?
Ceci dit, c'est gratuit.
Et c'est court.
Et c'est intelligent (en tout cas ça l'est plus que moi)
Et c'est beau.
Je te l'ai déjà dit, ça, au fait, que c'était beau ?