"Salamèche de Chatillon, roi de Pandaroux, petit-fils de Luffy 1er d'Aquitaine."

Avis sur Crusader Kings II sur PC

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Dans quoi je me suis plongé moi encore ? J'avais pas déjà assez de jeu bouffe-temps, des Elite Dangerous, des Binding of Isaac ou des Civilization V ? Non, il a fallut que durant le premier confinement que Crusader Kings II devienne gratuit et que je me mettre en tête de "débloquer au moins une dizaine de succès (sur les 150) sinon, c'est comme si j'y avais pas joué."

Et c'est parti pour des dizaines d'heures, où j'ai commencé avec l'impression d'être face à la cabine de pilotage d'un avion : il y avait des tas de cartes, des tableaux avec des commandes et des statistiques dans tous les sens. Moi qui aimait les simulations de conquête d'empire à la manière d'un Civilization, j'avais l'impression qu'on m'avait pris au pied de la lettre et qu'on m'avait dit : "tiens, t'as 50 000 nouvelles possibilités, tu peux faire des comtés, te marier, faire ta lignée, décider de qui va être tes vassaux, faire des intrigues, guerroyer." Et de me dire "ha, ok, cool... mais, je fais comment ?" et d'être perdu sans aucune indication de ce qu'il fallait que je fasse.

Critique après 23 heures de jeux :

Alors, certes, il y a un tutoriel te permettant de jouer le roi Alphonse VI de León
(1040 – 1109) un des acteurs de la reconquista espagnol. (Il y a un lien vers la fiche wikipédia du personnage que tu incarne.) Mais il te lâche TRÈS VITE en te disant, "ok, maintenant que tu as assassiné tes frères pour la succession, tu sais le principal, bon jeu. PS : ton personnage meurs dans 10 ans" et j'ai fini par abandonner suite à une guerre interminable contre les maures.

La suite ? Une succession de visionnages de tutoriels sur le net (merci la chaine de Jay) afin d'apprendre à jouer et de partie assez minables où j'ai appris en échouant.
- J'ai appris suite à mon tutoriel assez minable que c'était pas Civilization et que les batailles militaires ne se soldait que par des sièges à répétitions. (Surtout si tu ne contacte pas la personne en face pour signifier qu'elle doit capituler.)
- J'ai appris en jouant le roi de France qu'être roi c'était super galère et que si on se fait détester on fini par avoir des complots dans tous les sens.
- J'ai appris en jouant le Duc de Bretagne Conan II qu'il fallait avoir un conseil solide dans lequel tout le monde est méga-compétent et où ils t'aiment tous. Et que c'est cool de faire un mariage qui permet une alliance avec la Normandie mais si ta femme est trop vieille pour enfanter on va pas aller loin. (Et surtout éviter de faire UN SEUL descendant, il suffit qu'il meurt d'une mauvaise pneumonie pour avoir droit à une fin de partie expéditive.)
- J'ai appris en jouant l'Empereur d'Allemagne que le curseur qui te dit qu'une partie serait "facile" c'est de la connerie : dès le départ mon frère se rebelle contre moi et poutre mes unités armées. En moins d'une heure la partie était finie !!
- J'ai appris en jouant le comte de Blois que si tu n'était pas Duc et que tu donnais un terrain à tes enfants... ils deviennent comte à leur tour et le terrain ne t'appartiens plus. (J'ai recommencé deux fois la même erreur.)

Critique après 36 heures de jeux :

On a quand même un jeu très complexe qui offre à la fois des possibilités en stratégies (les pactes, les alliances, mais aussi les mariages et la filiation) tout autant qu'en terme de Wargame avec des déplacements de troupe. Il est difficile de rentrer dedans (j'ai mis des heures a comprendre comment effectuer telle ou telle action et j'ai découvert certaines fonctionnalités au bout de 25 heures de jeu) mais une fois toute les techniques bien rodés, celui-ci passe crème.

Le jeu n'aurait pu être qu'une analyse de statistiques a faire monter ou descendre pour prendre l'ascendant sur telle ou telle région s'il n'y avait son côté roleplay assez prenant : de temps à autre apparaissent des pancartes vous demandant si vous voulez faire telle action qui aura des répercussions sur votre personnage et sur son entourage. Cela donne un côté bien plus immersif vous permettant en plus d'un côté aléatoire, de modeler le personnage avec les qualités que vous cherchez à avoir.

Le plus drôle c'est surtout quand le jeu t'amène a des stratégies auquel tu n'a pas pensé. Alors que ça faisait des années que je complotais et que je préparais une armée pour poutrer mon seigneur-lige (un Duc insupportable) voila-t-y-pas que la mère du personnage que je joue, meurt à 40 ans, me faisant devenir Duchesse d'un territoire trois fois plus grand du jour au lendemain. Idem quand tu garde en prison la femme du Duc insupportable et que l'absence d'héritier le pousse des années après à la guerre civile contre la France, l'amenant à sa perte. Ce qui m'a doucement fait marrer (et ma copine n'a pas compris pourquoi.)

Le jeu offre la possibilité de checker sur wikipédia la vie des personnages montre à quel point les concepteurs du jeu ont potassés leur truc : non seulement les dates concordent, mais aussi toute la généalogie. Ainsi pour Conan II, non seulement les dates de naissance étaient les bonnes, mais c'était les bons noms des vassaux, des membres de la famille et même le fait qu'il avait eu un enfant hors-mariage entrait en lisse. Les mecs ont respectés la biographie des dirigeants sur la totalité du moyen-age et ce dans une carte qui englobe l'Europe, le Maghreb et la Russie. Rien que ça, c'est taré.

Ensuite, il y a une petite saveur dans le fait qu'on puisse s'amuser à attaquer des villes existant réellement. C'est assez rigolo de se dire "allez, j'en ai ras-le-cul, j'attaque Angers, ils m'ont suffisamment pompés ceux-là." Pour le coup, le jeu est un moyen assez ludique (mais involontaire) de glaner des connaissances en Histoire-géo... même si comme je change l'histoire à plusieurs moment pas sûr que j'apprenne grand chose. Notamment quand mon délire, c'est de nommer mes enfants de noms fantaisies ("Reptincel de Chatillon, fils de Salamèche de Blois"...)

Critique après 124 heures de jeux :

Au final, j'ai relancé le jeu en 2021 et décidé de me faire une longue partie : commencer en 867 et finir en 1453. (Il m'a d'ailleurs pas compté le succès, l'enfoiré) Quasiment 500 années à tenir une lignée. Pour le coup, j'ai racheté quelques extensions, celle permettant de se choisir un intérêt (qui aide beaucoup) et celle permettant de renommer chaque enfant de sa lignée (qui marche une fois sur 2, ce qui fait que je me suis retrouvé avec des enfants dont j'avais pas choisi le prénom : dommage à peu de chose ils avaient tous un nom de personnage de manga ou de réalisateur d'anime : Y a eu du Krilin de Maine et c'était même un des mes meilleurs dirieant.)

L'idée était de commencer Duc et de finir Roi.... ce qui a fonctionné... pas vraiment comme je le voulais. Si j'ai fini Roi de France après quelques générations, les complots m'ont virés du trones, et j'ai fini roi d'Aquitaine puis roi de Bretagne (que j'ai rebaptisé Pandaroux) Si je m'étais embêté à faire en sorte que la France devienne une nation puissante et à liquider certains royaumes secondaires comme l'Aquitaine, j'ai fini par faire en sorte que mon petit royaume bouffe petit à petit la France. C'est d'ailleurs ça de bizarre : à la fin l'europe ne ressemble plus à territoire construits mais à une sorte de macédoine de petits royaumes qui se bouffent entre eux : j'avais des terrains en bretagne, en Irlande et en Espagne (qui était morcellé entre l'Angleterre, l'Irlande et la Pologne.) Ha et contrairement à l'Histoire, les croisades dans Crusader King se soldent souvent en victoire.

Le jeu peut quand même être lassant à la longue, et je suis bien content d'avoir coupé ma partie sur deux mois. J'ai aussi fini par comprendre qu'il fallait arriver très vite à imposer la Primogéniture si on voulait garder la totalité du royaume sous notre coupe au lieu d'en perdre des petits bouts à chaque naissance.

Bref, c'était chouette. Je relancerais le jeu, mais sans doute plus tard, parce que là, rester 100 heures sur la même dynastie, ça m'a bien tué.

124 heures de jeux : 10 succès (sur 160 !!)

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