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Darksiders II sur Xbox 360 par ZongZong

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Version Xbox 360

Qu'il est dur de se heurter à ses déceptions. Arborant une allure fière, authentique, fort d'un succès prometteur et mérité, profitant des bienfaits du bain de foule, War se pavane.

Pourquoi vouloir faire mieux quand on peut faire tout aussi bien ? C'est la question qu'on se pose inévitablement après avoir jouer à Darksiders 2. Techniquement à la ramasse (sur console), monotone, écrit avec les pieds, le jeu frôle le scandale vidéo-ludique.

Il est absolument intolérable de mettre ce jeu à côté des jeux à monde ouvert. Installé ou non, rien à y faire, l'aventure est systématiquement coupée nette par des chargements incessants. Chaque zone quittée nous gratifie de son temps de jeu volé, chaque kilomètre de map - parfois moins ! passée donne le droit immuable et inaliénable d'attendre, le plaisir même d'ouvrir une porte est souvent gâché par un micro-chargement qui n'échappe guère à nos yeux attentifs. Yeux qu'on aurait fermer avec plaisir devant des graphismes exemplaires. Rires. Aliasé au possible, une simple balade dans la forêt relève de la prouesse oculaire : Le moindre arbuste irrite, les grimaces des gargouilles sont rabaissées au rang de gribouillis de pixes, mêmes les boss ont du mal à nous émoustiller. Ce qui nous amène au deuxième point noir du jeu : son manque d'ampleur, de voltige.

Quand d'autres jeux nous proposent des boss de la taille de la Tour Eiffel au menu, dans Darksiders 2, on doit se contenter de la soupe populaire : le plus vertigineux devant rivaliser avec un HLM de 3 étages, c'est rieur mais jamais moqueur qu'on glousse silencieusement. Loin d'être rassasié, on se console dans les plaisirs simples : le massacre de monstres basiques. Générique mais efficace, le bestiaire remplit le cahier des charges. Seul reproche à ce niveau là : les mini boss : Sans doute plus frustrants que les vrais boss, c'est énervé et hâtif qu'on terrasse ces immondices, tâche qui pourrait durer d'innombrables minutes sans la forme de cavalier (d'ailleurs bien moins efficace que celle de War). C'est qu'ils sont coriaces ces bougres ! Tout ce qu'on aimerait, c'est s'en débarrasser et passer à autre chose. Chiants, ces combats bien trop longs viennent casser le rythme déjà mollasson du jeu.

Sans scenario pas de rythme. War est supposé être condamné à mort, qu'une seule envie : Aller à la rescousse de notre frère. Non, on préfère nous envoyer dans des mondes où on voudrait ne pas être. Est-ce que Luffy se divertissait de goules et de squelettes quand Ace perdait goût à la vie ? Je ne pense pas. Quant bien même sachant les jours de War non comptés (après avoir fait le premier bien entendu), c'est sans intérêt qu'on parcourt ces mondes fades et inhabités. La faute à des choix scénaristiques discutables et des dialogues inutiles, on a vite envie d'expédier cet opus pour le mettre dans la liste "des jeux qu'on a fait", et c'est là que la durée de vie devient facultative. A quoi bon avoir 100 missions à accomplir si on nous donne pas envie de les faire ? D'autant plus que la plupart des quêtes secondaires se résument à trouver des broutilles disséminées à droite à gauche, labeur que seul le désir de trophées/succès pourra motiver. Et on sait tous que 99% des gens qui remplissent ces missions le font à l'aide de guides facilement trouvables sur le net; Le côté exploration/découverte sombre donc très vite dans l'oubli.

Mais tout va bien, parce que l'argument phare du titre réside dans son côté rpg/hack'n'slash : les golds, les loots, les armes à trouver, les armures à dénicher, les donjons à visiter. Rires. Aspect purement cosmétique et commercial, ces possibilités sont uniquement présentes pour accueillir des DLC payants par milliers. Non plus déçu, c'est au bord du dégoût que l'on s’efforce de mettre fin à nos souffrances en clôturant l'épopée du cavalier de la mort.

Animé au peace-maker, c'est un death essoufflé que l'on nous présente dans Darksiders 2, aventure au ralenti mal servie par une narration pauvre, au gameplay insipide, à l'univers enchanteur mais techniquement daté. Peut-être leur manquaient-ils l'inspiration, peut-être aurait-il fallu qu'ils trouvent des jeux sur lesquels grappiller quelques idées. Fan incontesté de War ou curieux en mal d’hémoglobine, prenez garde.

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