Bonne adaptation mais jeu pénible à jouer.

Avis sur Discworld sur PC

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Version PC

Suivant chronologiquement la lecture des différents volume des Annales du Disque Monde de Terry Pratchett, je me suis mis à faire le jeu vidéo de 1995. Après tout, ça serait pédant de penser que seul les livres comptes et quand on sait que Pratchett a mis la main à la patte pour les dialogues (et qu'en france, ceux-ci ont été traduit par le traducteur des livres, Patrick Couton) on se dit qu'après tout, pourquoi ne pas essayer.

A noter que pour bien des gens, notamment en France où seuls les premiers tomes ont été traduit, le jeu fut la première porte d'entrée qu'ils eurent sur l'univers du disque monde. Et c'était pas une manière honteuse de découvrir l'univers.

Adaptation intelligente :

Un point intelligent fut non pas d'adapter le 1er livre, mais de tenter d'adapter l'univers avec ses particularité, ses traits d'humour, ses personnages récurrents, ses concepts pétés (souvent expliqué le personnage de DeuxFleurs apparaissant à l'écran avec un tableau instructif.) Si l'histoire est une adaptation de Au Guet au final, c'est juste la trame qui est reprise (un dragon apparait suite au complot d'une partie des citoyens d'Ankh Morpork ) et on est loin d'une adaptation "au texte prêt" du truc.

Je me plaignais du personnage de Rincevent dans les livres, celui-ci fuyant sans arrêt, ce qui en fait un personnage dur à suivre. Mais du coup, l'avoir comme personnage joueur est finalement une bonne idée, puisqu'il se contente d'être un vaisseau pour le joueur et mis à part ponctuer ses interventions d'une petite remarque ou d'une réflexion peureuse, le joueur peut totalement se projeter en lui. De plus, c'est quand même le seul personnage de l'univers du Disque Monde à littéralement se balader avec un inventaire avec une contenance infinie. Si le bagage ne servait plus à grand chose dans les derniers volumes, ici, il est plutôt drôle en plus d'être justifié scénaristiquement.

Le jeu est prétexte à faire apparaître différents personnages du Disque Monde et à discuter avec eux. Sur les personnages secondaires c'est assez bien foutu et on sent que Pratchett est en partie derrière les dialogues : Planteur-Je-me-tranche-la-gorge, Ooook, Gaspode, Detritus et d'autres personnages farfelus font leurs apparitions. Toutefois, pour un fan, il y a des trahison, parfois c'est pas mal : (La MORT apparait comme un personnage franchement taquin plus que dans les livres où il n'est juste qu'un travailleur qui fait son job) parfois un peu décevante (Carotte apparait comme un personnage secondaire idiot, Gaspode comme un chien qui se contente d'être méchant et le traitement de Nounou Ogg est indigeant.) On a l'impression de vivre une histoire dans un univers parallèle où c'est Rincevent qui résout l'histoire de "Au guet."

Mais dans l'ensemble, on retrouve bien l'univers du Disque Monde, notamment avec pas mal de références à des concepts comme L'Espace L, les plantes rétroannuelles, les klatchiens, les trolls, les nains, etc.... Ils ont même réussi à caser les "clics" ces fameux remplacement du cinéma dans l'univers médieval fantastique. Il y a même une sorte de mini-jeu avec les probabilités pour devenir un vrai héros. J'ai même été surpris de voir des références au dernier tome paru à l'époque de la sortie du jeu, Les Tribulations d'un Magicien en Aurient, avec les dieux jouant à des jeux, les papillons ou le groupe de guerrier composés de vieux papis.

Toutefois j'étais un peu triste de voir que le jeu ne propose pas d'épilogues quant à certaines histoires secondaires (la laitière et le coiffeur, la barbare qui doit vaincre des gens en duel, etc...)

Point&Click mal foutu :

Hélas, au niveau de son traitement, Discworld est ce genre de "Point&Click" typique des années 90 avec ses points forts et ses points faibles. Dans les points fort on a l'humour et l'animation qui est franchement sympathique. Certes, les cinématique ont un côté "Jeu CDI" mais c'était l'époque.

De plus, les voix sont assez géniales : c'est déjà méga-cool d'avoir Eric Idle en Rincevent et son phrasé s'incorpore bien avec le côté absurde de l'univers. On trouvera aussi des comédiens assez connus au niveau des voix, notamment Jon Pertwee (Doctor Who) dans plusieurs voix. (Aucune idée de savoir qui fait la VF et j'en ai rien à foutre.)

Mais hélas, le jeu accumule les clichés du point & click : les énigmes imbitables consistant à assembler des tonnes d'objets sans rapport et de les mettre à des endroits improbables pour déclencher un événement illogique, le fait d'avoir trop d'objets dans l'inventaire et de ne pas savoir à quoi ils servent, la répétitivités des passages où l'on est bloqué (qui s'accumule avec un running gag pas drôle où à chaque fois qu'il se prend un coup, le personnage est persuadé d'avoir été renversé par une charrette.) J'ai aussi galéré pour trouver un ciseaux de la taille de 2 pixels chez le coiffeur, et maté plusieurs Let's Play avant de trouver le moment où on m'indiquait la zone, invisible sur laquelle cliquer.

De plus, le nombre de fois où Rincevent nous dit "ça ne marche pas" lorsqu'on lui propose d'associer (pour voir) un objet avec un autre deviens tellement pénible qu'il en est tout sauf fun. Apparemment, les énigmes étaient tellement tirées par les cheveux que même Terry Pratchett s'en était moqué.

A cela s'ajoute parfois des aller-retour fastidieux, assez fréquents, notamment à base de remonté dans le temps où il faut traverser un couloir plus l'Espace L, puis un autre couloir avant de se rendre à tel endroit. J'en arrivais presque à bouquiner pendant certains passages.

Et ça rend le jeu tellement pénible, frustrant et te gâche définitivement l'expérience de jeu.

Bref :

Discworld est une bonne expérience une fois qu'on a la solution sous les yeux. Ne vous emmerdez pas sur les énigmes.

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