Open world... Open world never changes

Avis sur Horizon : Zero Dawn sur PlayStation 4

Avatar Tom Vincent
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Version PlayStation 4

Horizon m’a laissé dubitatif. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, c’est un bon jeu, qui, cependant, souffle le très chaud et le glacial. Je développe.

Nous incarnons Alloy, membre d’une tribue isolationniste d’un lointain futur post apocalyptique peuplé de machines sauvages, de tribues aux sociétées plus où moins développées, et de fanatiques en tout genre. Rescapée d’une tentative d’assassinat ayant entrainée la mort de plusieurs jeunes adultes lors d’un rite initiatique, notre héroïne est envoyée en mission pour traquer et éliminer les commanditaires. C’est à ce moment que la map du jeu s’ouvre, offrant à nos yeux ébahis un monde vaste et techniquement impressionnant, à la direction artistique soignée. Oui, le jeu est magnifique et propose des paysages variés, de zones montagneuses à de sublimes mesas. Cependant, rapidement, le syndrome parc d’attraction se fait sentir. A la façon de trop nombreux open world, la carte vomi point d’intérêt sur point d’intérêt, dans des zones vides afin de rajouter artificiellement de la durée de vie au jeu. Nous nous retrouvons ainsi balloter de zone de mission en zone de mission, en perdant vite tout intérêt pour ce monde. Certes, certains panorama sont somptueux, certaines architectures sublimes, mais il aurait été judicieux de jouer plus sur les histoires des lieux, un peu à la manière d'un The Witcher III. Pour rester dans la comparaison avec ce dernier, des quêtes secondaires bien écrites auraient été appréciables, au lieux des quelques missions aux enjeux peu intéressant ou maladroitement présentés, sans la moindre exposition ou contextualisation présentes dans le jeu. Comparé à un Breath of the Wild, pourtant sortis la même année, l’approche de Guerrilla Games de son monde ouvert semble conservatrice et vieillotte face à l’approche révolutionnaire de Nintendo et de son monde bac à sable permettant de jouer avec tout son environnement, et où le terme même d'open world prend tous son sens.

Pour continuer dans les points négatifs, la narration est malheureusement très variable. Me concernant, j’ai très vite décroché des missions concernant le présent diégétique, pour me rabattre sur celles portant sur l’exploration des ruines de l’ancien monde, plus contemplatives et plus touchantes, où l’on suit toute la montée vers le climax de la fin du monde. Skynet n’est jamais loin. Cependant, je ne critiquerai pas la personnage principale, qui, non content d’être bien écrite, propose dans un jeu à grand budget une femme badass loin des carcans habituels du jeu vidéo. Elle surmonte les épreuves avec force, et les quelques choix de dialogue permettent de bien s’amuser avec des répliques parfois cinglantes.

Si le système de combat contre les humains du jeu est plutôt mou, et disons-le, chiant, alternant entre phases d’infiltrations sans saveurs et headshots à la chaine sur des IA à l’intelligence d’une poêle à frire, ceux contre les machines transcendent le jeu. Chaque type de machine possède des réactions spécifiques. Certaine, semblable à des antilopes, paissent tranquillement, mais fuient à la moindre menace. Les veilleurs, sorte de raptors mécaniques, patrouillent et attaquent à vue afin de protéger les troupeaux. Plusieurs autres types de machines sillonnent le jeu, nous poussant à s’adapter en fonction des situations, en posant des pièges, et en planifiant méticuleusement l’affrontement contre les spécimens les plus impressionnants. Si dans des jeux comme Far Cry je tends à considérer les pièges comme des bonus rapidement inintéressant quand on se rend compte qu’une approche directe est plus efficace, dans Horizon, ils deviennent réellement indispensables, nous poussant à réellement utiliser tout l’arsenal proposé par le jeu pour s’en sortir. En effet, chaque machine est composée de différentes parties, qui peuvent être désactivées en les détruisant. Contre certaine machine redoutable à distance, il est par exemple fortement recommandé de détruire les armes de tir pour faciliter l’approche. Rien de mieux pour cela qu’un piège électrique pour l'immobiliser afin de viser plus efficacement et gagner de précieuses secondes. Tout ces éléments contribuent à créer (en dehors des affrontements contre des humains, malheureusement trop présent) un des systèmes de combat les plus aboutis de cette génération de console.

Pour conclure, il me semble dommage que les développeurs ne se soient pas plus focalisé sur les combats, quitte à réduire la taille d’une carte bien trop grande et peu intéressante à explorer, et à éviter les combats contre les humains, loin de rendre grâce aux joutes contre les diverses machines d’Horizon Zero Dawn. Avec de la chance, peut être que le deuxième jeu de la licence évitera les quelques écueils de son prédécesseur.

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