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The Minit Cap

Avis sur Minit sur PC

Avatar Kalimari
Test publié par le
Version PC

Temps de jeu : 10 heures
Test rédigé pour Nintendo-Difference [#19]

L’épée de Damoclès

Dans Minit, le joueur incarne un petit être muet à la bouche ironiquement longue. Tout en simplicité, ce dernier se retrouve projeté chez lui, dans une petite maison au milieu de nulle part. Celui ou celle qui le contrôle n'a alors nul autre choix que de sortir et d'explorer les environs, jusqu'à tomber nez à nez avec une épée échouée sur le rivage. L'arme lui était certainement destinée, à lui héros de la lumière ! Ni une, ni deux, il s'en empare pour vivre une grande aventure et libérer le monde des ténèbres. Tragédie...! La lame était en fait empreinte d'une malédiction terrible, laquelle mène son porteur à une mort certaine après une minute ; soixante petites secondes au bout desquelles le joueur réapparaîtra dans sa demeure. Fort heureusement pour lui, chaque progression dans la quête principale ou annexe sera conservée comme il se doit. Ainsi, petit à petit, le joueur parviendra peut-être à trouver la solution pour se débarrasser de son funeste fardeau.

Cocotte Minit

Construit à la manière d'un Zelda en 2D, le monde de Minit regorge de coins uniques et de lieux secrets. Pour y accéder, les explorer et mettre la main sur les butins qui y résident, le joueur devra surtout user de son cerveau ; mémoriser les cartes traversées, se souvenir des contraintes et objectifs liés, puis mettre au point le meilleur cheminement pour optimiser sa courte fenêtre d'action. Si l'épée est adaptée au combat contre toutes formes hostiles, elle peut également servir à couper l'herbe et détruire les vases. Toutefois, pour pousser de lourdes caisses, abattre des arbres ou éclairer les ténèbres, le joueur devra mettre la main sur les objets adaptés. Pour cela, il lui faudra fouiller chaque recoin, discuter avec des personnages non-joueurs ou encore les troquer contre les rares pièces disséminées un peu partout. Ici, rien n'est indiqué par un quelconque objectif, tout le travail de recherche revenant à la charge du joueur.

Minit papillon

Minit ne se contrôle qu'avec un stick et deux boutons : un pour frapper, un pour se suicider (et ainsi recommencer une run plus rapidement). Avec des cessions de jeu s'étalant sur soixante secondes et aussi peu d'actions réalisables, il serait aisé de penser que le titre se montre inévitablement répétitif. Alors oui, le joueur aura tendance à explorer de nombreuses fois les environs, mais chaque réveil sera l'occasion de découvrir de nouveaux secrets, ou tout du moins de parfaire son plan mûrement réfléchi. Saisissantes, les premières minutes de jeu se déroulent de manière fluide en dépit des tâtonnements dus à la découverte des lieux. Il faut dire que le soft possède un level design parfaitement huilé, ne se montrant jamais trop dirigiste sans pour autant perdre celui qui le parcourt, tout du moins dans sa première moitié de jeu. En effet, plus le joueur progressera, plus il s'exposera aux objectifs secondaires dans le but de récupérer des Cœurs supplémentaires ou des Pièces.

Sixty Seconds to Minit

Il ne sera alors pas rare de perdre le fil rouge de l'aventure et de tourner en rond, mais quand bien même, il suffit alors de refaire un tour auprès des habitants du monde pour y écouter des suggestions ; même les panneaux plantés ici et là seront d'une grande aide en cas d'oubli ou de questionnement. Et quand ils ne sont pas là pour donner un coup de pouce au joueur, il est toujours amusant de les lire. Car, de l'humour, le jeu en est bourré. Qu'il s'agisse simplement de conversations surréalistes (un poisson qui préfère la terre ferme), ou du détournement des précieuses secondes de jeu (un vieillard qui parle très lentement, une invitation à une partie de pêche dans une minute, ou encore patienter dans une file d'attente), Minit fourmille de personnages et de moments qui décrochent un sourire en coin. C'est généralement simpliste, pour sûr, mais le tout fonctionne. Disponible en français, les anglophobes pourront également en profiter.

Dessiné blanc sur noir

Au fil de l'aventure, le joueur débloquera de nouvelles résidences qui serviront de checkpoints. Sans elles, impossible de se rendre jusqu'à certains endroits dans le temps imparti, malgré une superficie de jeu réduite. En dépit de graphismes particulièrement poussés, Minit parvient à insuffler une âme à chacun des lieux que le joueur traversera, qu'il s'agisse de la plage, de l'usine, du cimetière, du désert ou encore de l'île. Toutefois, impossible de passer outre sa direction artistique pour peu qu'on soit allergique aux pixels monochromes façon Game Boy. Bien plus adapté sur la Nintendo Switch en mode nomade, le titre possède tout de même un charme certain, enjolivé par une bande-son de qualité signée Jukio Kallio (Nuclear Throne, Bleed 2, etc.), tantôt entraînante, tantôt reposante. Tout dans Minit transpire la bonne humeur, même quand il s'agit d'aborder des thématiques plus sérieuses comme la lutte sociale, de l'obsolescence programmée et de la surconsommation.

Minit, l’heure du crime

Là où Minit ne fait pas plaisir, c'est dans sa conclusion, sa durée de vie et sa volonté de pousser le concept plus loin. En effet, la toute fin du jeu semble avoir été bâclée, l'aventure se finissant aussi succinctement qu'elle l'a commencée, nullifiant complètement l'enjeu et la confrontation finale. Se bouclant en une heure et demie en ligne droite (trois heures pour le 100 %), et malgré la présence d'un New Game Plus (on y dispose d'un seul cœur et de quarante secondes d'action), difficile de ne pas se sentir légèrement floué quant aux dix euros demandés à l'achat. Pire encore, les développeurs semblent n'avoir fait de leur concept qu'une simple démo ; certains objets sont rarement utilisés à leur plein potentiel (les bottes, l'arrosoir), tandis que d'autres sont carrément oubliés (l'amélioration de l'épée, laquelle sert littéralement une fois). Il est aisé d'imaginer que le manque de moyens alloués n'y est pas étranger, mais tout de même, le joueur restera clairement sur sa faim. Peut-être pour une potentielle suite ?

Conclusion

Il n'est peut-être pas le plus grand, ni le plus beau, mais Minit a tout d'un champion. Composé par une talentueuse équipe de quatre développeurs (Jan Willem Nijman, Kitty Calis, Jukio Kallio et Dominik Johann), ce titre au concept fort aurait tout de même mérité à gagner un peu plus d'épaisseur pour satisfaire celui qui le parcourra. Un poil trop cher pour son contenu (plus de la moitié du jeu est constituée de chasse aux collectibles), sans difficulté aucune, possédant un système de combat un poil lourd et gâché par un final oubliable, Minit ne démérite toutefois pas. Parfaitement porté, doté d'une bande-son qui fait mouche, d'une direction artistique charmante – quoiqu'un peu trop aride pour la majorité – et d'un level design bien pensé dans son ensemble, le jeu est à conseiller aux amateurs d'expériences uniques, entre deux softs plus costauds. En attendant un deuxième opus, plus ambitieux et complet, le mieux reste de profiter d'une promotion pour craquer. 6 sur 10.

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