Persona 5, entre JRPG classique et dating sim

Avis sur Persona 5 sur PlayStation 4

Avatar Kiady Rakotolahy
Test publié par le
Version PlayStation 4

N'ayant jamais joué à un jeu Persona de ma vie, série de jeux vidéo très fortement inspiré du célèbre manga d'Araki Hirohiko-sensei JoJo kimyô na bôken (JoJo's Bizarre Adventure à l'international), j'ai voulu sauter le pas avec le 5 opus de la série. Cela me permettait de juger le gens non seulement en tant que tel mais voir aussi s'il était indispensable d'avoir fait les précédents Persona pour comprendre l'intrigue. Pour le deuxième, c'est non. On peut tout à fait jouer à Persona 5 sans jamais avoir touché aux précédents et c'est un bon point pour lui. Parlons du jeu en lui-même.

Vous incarnez un jeune lycéen... que vous nommerez comme vous le souhaitez et qui au début du jeu... se fait arrêtez par la police. Mais par "arrêter", j'entends par là que les troupes d'intervention spéciales le maîtrise et le menottes façon Chuck Norris dans Walker, Texas Ranger, à savoir à grands coups de pieds dans la tronche. Le temps passe, on se retrouve dans une salle d'interrogatoire où les inspecteurs nous interrogent de façon... discutable, on va dire, jusqu'à l'arriver du procureur en charge de l'affaire - notre affaire, la plantureuse Sae Niijima. Elle reprend l'interrogatoire, moins musclé cette fois-ci, et demande au personnage, nous, de lui raconter comment il a fait pour en arriver là. Et c'est juste après que comme les flash-backs et le vrai jeu.
La première heure sert plus ou moins de didacticiel et de mise en situation mais est amenée de façon plutôt maladroite car elle met en avant des mécaniques de jeu qui n'apparaisse que passé la deuxième heure. Si bien que la séquence avant l'arrestation du protagoniste n'était pas vraiment utile du point de vue ludique mais qui a du sens au niveau de la narration. Narration qui, au passage et sans spoiler, est assez bien écrit, je dois l'avouer. Cela faisait longtemps que je n'avais pas touché un JRPG où la narration est aussi efficace que le gameplay. Le dernier auquel j'avais joué avant été Final Fantasy XV et disons-le, si l'histoire était sympathique, elle n'avait pas le truc en plus qu'on retrouvait dans plusieurs FF passés et son gameplay fonctionnait mais n'offrait qu'un sentiment de satisfaction que très passager quand on arrivait à occire du méchant.
Oui car les combats dans Persona 5 sont assez stratégique et y aller en mode bourrin revient à lancer une mission kamikaze. On affronte essentiellement des Shadows, des créatures décrites dans ce Persona comme étant l'incarnation des désirs des hommes pervertis. Et ces Shadows divers et variés ont leur propres attributs, leurs points forts et faiblesses. Faiblesses qu'il faudra exploiter pour les vaincre plus vite et plus facilement qu'en utilisant des attaques au hasard en utilisant un Persona, un esprit unique symbolisant la partie rebelle de l'âme d'une personne (du moins, de ce que j'ai compris). De ce côté, le jeu se rapproche plus d'un Pokémon où il faudra monter un Persona de niveau, en plus du votre, pour débloquer de nouvelles attaques et de nouvelles possibilités pour vaincre l'adversaire. Mais ici, pas de Pikachu qui lance une attaque Tonnerre (bien que la doubleuse officielle de Pikachu, Ikue Ôtani, fasse partie du casting des personnages principaux) mais plutôt Captain Kidd qui lance Zio. Notez d'ailleurs que le bestiaire du jeu contient bon nombre de créatures issues de mythologies diverses et variées et bien d'autre comme Bafomet, Isis, Thor, Thot, etc... Les Persona sont d'ailleurs des références à des personnages, ayant existé ou non, comme celui du héros, Arsène, en référence à Arsène Lupin, Carmen en référence au personnage et à la nouvelle de Prosper Mérimée, Captain Kidd en référence au pirate William Kidd (qui a d'ailleurs inspiré Eustass Kid du manga One Piece), etc...
Mais à l'inverse de Pokémon, le jeu n'est pas facile. Si un jeu Pokémon se boucle sans trop de difficultés, Persona est plus exigeant. Ainsi, pour faire aux diverses situations, il est recommandés de capturer le plus de Persona possible via les pouvoirs de votre avatar et de fusionner certains pour en avoir de plus puissants. Oui car la plupart des plus puissants Persona du jeu ne sont déblocables qu'après une fusion de deux Personas ou plus. Par exemple, pour avoir le Persona Trumpeteer, il va falloir fusionner les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse. Rien que ça. Et je ne parle ici que de l'aspect combat parce que Persona est aussi exigeant en dehors !
Entre deux missions dans un donjon de l'aventure principal, vous avez la possibilité de traîner dans la ville de Tokyo, particulièrement Shibuya et ses alentours, pour acheter aussi bien de l'équipement, des objets de soin, etc... Normal dans un RPG. Sauf que vous êtes lycéens et tout super héros que vous soyez dans les donjons symbolisant la psyché d'une personne, vous redevenez un gamin quelconque en dehors. Il faut donc aller en cours, répondre aux interrogations des profs, passer des examens... Non, je ne déconne pas. Il faut vraiment faire ça dans le jeu et non, ce n'est pas inutile. Première, ça ancre vraiment l'action du jeu dans une certaine réalité et de plus, les mécaniques en-dehors des donjons ont une utilité. Tout au long de l'aventure, vous serez amené à côtoyer des gens, aussi bien les membres de votre équipe que des personnes importantes à l'histoire ou juste quelques pnj plus ou moins importants. Une particularité de la série Persona est que le héros doit développer ses liens sociaux avec ces gens pour obtenir des avantages en combats comme le fait qu'un des personnages puisse vous sauver en servant de bouclier humain par exemple (non, ce n'est pas une blague). Et pour développer ces liens sociaux, il faut parler avec ces gens, passer de temps avec eux, sortir, leur offrir des cadeaux... Ouais, comme en vrai. Mais certaines interactions ne sont possibles qu'à condition d'avoir amélioré vos stats sociales (gentillesse, charisme, connaissance, bravoure et efficacité). Par exemple, à un moment du jeu, on vous propose de commencer à sympathiser avec une fille, qui vous permettra de débloquer la faculté de switcher les membres de votre équipe durant un combat. Problème, pour commencer à lui parler, il faut que votre stat de Charisme soit assez élevé pour qu'elle remarque votre présence. Comme en vrai, j'ai envie de dire, mais je divague... Et pour monter ces stats sociales, il existe plusieurs façons via les activités comme lire un livre, aller au cinéma, effectuer un petit boulot ou faire les bons choix de dialogues avec certains personnages. Encore un fois, développer des relations avec les gens n'est pas inutiles puisque cela débloque de nouvelles capacités mais surtout la possibilité d'obtenir les plus puissants Persona du jeu.
Rien qu'avec ça, le jeu est déjà très riche. Et si je vous disait qu'il y a plus. Oui, il y a un truc en plus : la limite de temps !
Oui, le jeu est limité. En effet, l'histoire se déroule sur une année scolaire et vous ne pouvez effectuer qu'un nombre limité d'actions par journée in game. Par exemple, si vous avez envie de traîner avec un membre de votre équipe après l'école, c'est possible mais le temps passera jusqu'au soir où vous pourrez choisir quoi faire d'autre comme étudier, lire ou aller voir une autre personne. Mais si ce n'était que ça... Parce que le jeu t'impose aussi d'autre trucs limité dans le temps. Les donjons de l'histoire ne sont disponibles que pour un temps limité et il y aura toujours une deadline pour accomplir les objectifs, sous peine de subir le game over des familles. Il faut alors gérer non seulement son temps dans les donjons mais aussi en-dehors et ça peut devenir très déconcertant sans un minimum de gestion. Qui plus est, il est impossible d'obtenir tous les bonus dispos dès la première partie. J'ai essayé mais non, faut choisir quels bonus débloquer en priorité, au détriment d'autres. Ainsi, arrivé en fin de jeu, un petit texte vous explique qu'avec le new game +, vous pourrez débloquer plus rapidement les bonus déjà acquis dans votre partie précédente, vous offrant une plus grande liberté pour découvrir les autres. Ce qui n'est pas plus mal car, pour ma part, j'ai été forcé de recommencer le jeu car je n'avais pas débloqué les bons bonus propre à mon style de jeu, ce qui m'a fortement handicapé pour le boss de fin.

Que dire pour finir ? Persona 5 est un excellent JRPG avec une histoire bien écrite et au gameplay solide. Néanmoins, il vous demandera beaucoup de temps à investir car, en comptant les cinématiques et les longues phases de dialogues, il faudra environ 90 heures pour le boucler (alors imaginez quand j'ai dû le recommencer...). Donc si vous vous lancez dedans, assurez-vous d'abord d'avoir énormément de temps libre. Pour ma part, cette découverte de la licence ne m'a pas déçu et m'a même donné envie de voir ce que vaut par exemple Persona 4, dispo sur le PSN de la PS3.

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