Un slasher qui casse les codes !

Avis sur Until Dawn sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Beaucoup de personnes m'ont conseillé Until Dawn quand j'ai terminé Detroit : Become Human parce qu'il s'agit du même type de jeu. Au début, je refusais de l'essayer parce que je n'aime pas du tout les films et les jeux d'horreur. Il n'y a qu'avec les livres que ça passe encore... Lorsque ma colocataire m'a proposé d'y jouer à deux, j'ai capitulé. Nous l'avons acheté d'occasion afin de tester et... je ne regrette absolument pas ! Dans l'ensemble, ce jeu s'est avéré être un énorme coup de cœur, à tel point que je me suis tournée vers les nouvelles productions des développeurs d'Until Dawn : The Dark Pictures Anthology, une série de jeux se basant sur le même gameplay, le même type de scénario, mais avec d'autres personnages, intrigues, déroulements, etc. Même s'il est plus vieux que Detroit : Become Human (2018), Until Dawn présente un graphisme presque tout autant bluffant que ce dernier. De réels acteurs interprètent les personnages de l'histoire, accentuant son réalisme.

Étant un jeu à choix et fins multiples, Until Dawn contient beaucoup de scènes où le joueur est amené à réfléchir sérieusement sur ce qu'il doit faire ou non. Il suffit parfois d'un raté pour sceller le sort d'un personnage. Au début, nous ne prenions pas tout au sérieux. En ce qui me concerne, il m'a fallu trois bons chapitres, voire quatre, avant de réellement m'attacher à certains personnages. En fait, Until Dawn paraît cliché aux premiers abords mais il ne fait que reprendre à sa sauce les codes et caractéristiques du genre survival-horreur. Pour ma part, je trouve qu'ils ont su créer une atmosphère oppressante, une ambiance angoissante et un paysage hors-norme. De plus, avec nos personnages qui se baladaient beaucoup dans les bois, nous avions la possibilité d'opérer de nombreux choix et de découvrir de nouveaux décors, aussi inquiétants que sinistres. Je sentais presque le froid de cette montagne mordre ma peau.

Implication du joueur au top
Difficile de ne pas se sentir un minimum impliqué dans Until Dawn... Les développeurs ont disséminé des indices çà et là dans le paysage, en plus des choix à effectuer au cours de l'histoire. En trouvant des totems, par exemple, vous êtes en mesure de voir l'un des destins de votre personnage, ce qui vous guide dans vos décisions. Certains sont porteurs de bonne nouvelle, mais la plupart que nous avions trouvés prédisaient pas mal de morts et de dangers... De quoi bien mettre la pression ! Entre autres, des indices à découvrir sur les sœurs de Josh – l'un des personnages principaux – accompagnent les trouvailles que peut effectuer le joueur. Si on assemble assez d'informations sur les jumelles, la fin diffère. En quoi ? Ah ça, il faut jouer pour le savoir... Personnellement, je connais un peu toutes les fins du jeu parce que je n'ai pas juste participé à la game de ma coloc : j'ai regardé quelques let's play, fait jouer des amis, etc. À chaque fois, les embranchements sont différents ; c'est fascinant. J'étais tellement immergée dans cette histoire haletante que j'en oubliais ma réticence du début.

Et mon implication s'est retrouvée décuplée lorsque, entre chaque chapitre, nous étions amenées à rencontrer le Dr. A. J. Hill. et son allure de psychiatre. Nous jouons un personnage anonyme à son bureau, du coup la question sur son identité plane au-dessus de notre tête aux côtés d'un bon nombre de questionnements rencontrés au cours du jeu. Qui va voir le psychiatre ? Pour quelle(s) raison(s) ? À quel point les réponses que nous lui donnons sont déterminantes ?

​Même si je trouve le personnage très bien interprété, je l'ai aussi trouvé fort gênant. Il me mettait vraiment mal à l'aise ! Néanmoins, ses interventions avaient le mérite de nous permettre de souffler ; une pause calme malgré l'ambiance macabre qui s'accentue avant de replonger dans une terreur froide.

Les screamers, invention de Satan
Le jeu ne m'a pas épargnée pour autant et m'a rappelé plusieurs fois ce que je détestais le plus dans les jeux d'horreur : les screamers. Une véritable calamité ! D'autant plus que la plupart sont juste gratuits et inutiles au scénario. Ils sont présents uniquement pour nous tuer d'une crise cardiaque ! Ceci dit, je ne me vois pas reprocher cela au jeu puisque cela fait partie de son genre, ce serait comme râler sur une romance qui contient des baisers langoureux. De manière subjective, j'aurais juste voulu pouvoir les éviter parce que je suis une énorme flippée de la vie !

Autre chose qui est propre à ce genre de jeu : l'angle de caméra catastrophique ne peut pas être modifié. Nous sommes obligés de faire avec les mouvements et les angles de vue instaurés par les créateurs du jeu, contrairement à Detroit : Become Human où c'était plus libre de ce côté-là. Un conseil qui ne vient pas de moi : revenez toujours en arrière ! Vous pourriez trouver des indices cachés et des routes secrètes ou débloquer des discussions/relations avec certains personnages. C'est aussi l'un des meilleurs moyens de compléter tous vos indices.

Une intrigue surprenante
De prime abord, je ne pensais pas que le scénario de ce jeu dissimulait autant de surprises et de nuances. Nous partons sur un groupe d'amis en vacances d'hiver dans un chalet. On remarque dès le début que tous les personnages ne s'apprécient pas, que des tensions et des non-dits règnent entre eux, que deux se tournent autour sans oser avouer leurs sentiments, et j'en passe... Dans le lot, il y a Jessica et Emily, les deux archétypes des "pétasses" avec des réactions de petites garces, Mike le garçon populaire de la classe qui se comporte un peu comme un connard à certains moments, Josh, Chris et Sam qui ont l'air plus calmes – surtout Sam, la meilleure amie d'Hannah, qui semble en décalage avec les autres –, Matt le petit-ami gentil (voire un peu soumis) d'Emily et enfin Ashley qui, malgré son air innocent, a ses travers face aux dangers.

De fil en aiguille, cette poignée de personnages avec autant de qualités que de défauts – voire plus de défauts chez Jessica, la plus insupportable de tous – se retrouve confronté à un véritable cauchemar. Eux qui se rassemblaient après le décès d'Hannah et Beth pour leur rendre hommage se retrouvent bien vite à devoir se débrouiller pour sauver leur peau et celle de leurs amis puisqu'un tueur entre dans la partie !

De peur de vous spoiler, je ne vous expliquerai pas en quoi l'histoire m'a surprise ; vous le découvrirez par vous-mêmes.

Le jeu contient des références assumées par les développeurs comme Resident Evil, Scream, Souviens-toi... l'été dernier, Vendredi 13, La Cabane dans les bois et Saw. N'ayant pas vu beaucoup de films d'horreur, je n'avais reconnu que Souviens-toi... l'été dernier et Saw. Bon, après, ce sont les plus grosses inspirations du jeu ! Aussi, même si certains parleront de clichés, j'ai bien aimé retrouver certains concepts frustrants de ces films précités comme le téléphone qui se perd, ne fonctionne pas, se vide de sa batterie, le fait qu'il n'y ait pas de réseau, que les non-dits laissent planer un suspense intolérable et autres détails de ce style.

Et, si je trouve le scénario ultra-intéressant, c'est parce que la série de slashers qui composent le début du jeu ne concerne en réalité qu'une maigre partie de l'histoire. Les développeurs brisent les règles et nous propulsent vers une voie inattendue, beaucoup plus angoissante, dans les tréfonds des mines de Blackwood Pines. Ce revirement m'a tellement plu qu'il est l'une des raisons de mon coup de cœur pour ce jeu.

Un environnement dépaysant
Comme dit précédemment, un autre point positif à ce jeu est la diversité des décors. Pour un jeu court, Until Dawn contient pas moins de neuf lieux différents, dans lesquels se déroulent des mésaventures sanglantes et violentes. Selon moi, les endroits les plus glauques sont la cabane isolée, les mines et le sanatorium. Et le plus triste, bien entendu, reste la falaise. La première scène s'y déroulant reste mythique à mes yeux !

On ne peut pas nier une chose : le sanatorium est quand même magnifique. Il est imposant, grand et rassurant vu de l'extérieur. C'est à l'intérieur qu'il se montre glauque au possible... Plein de vie, ce lieu devait être très joli architecturalement parlant.

​En bref, malgré les screamers angoissants et les angles de caméra catastrophiques, Until Dawn a été un énorme coup de cœur pour ma part, tellement intense qu'il m'a poussée à me diriger vers d'autres jeux du même genre – comme Man of Medan sur lequel nous sommes en ce moment avec ma coloc ou encore Little Hope auquel je dois encore jouer !

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