Jeu sorti au cours de l'année 2019, A Plague Tale innocence est une aventure narrative créée par la studio ASOBO, cocorico !


Amicia, jeune fille petite bourgeoise voit sa vie et celle de son petit frère Hugo basculer lorsque l'Inquisition vient mettre un terme à leur innocence.


On aura sûrement vu un résumé qui résume mieux mais, aventure narrative oblige, en dire plus serait peut-être en dire trop.


Aventure narrative donc, et aventure particulièrement noire, notamment à son début. Que ce soit l'ambiance, crépusculaire, la musique (une totale réussite), le sound-design (également une réussite) ou encore la dramaturgie, les créateurtrices du jeu n'ont pas eu vocation à faire un jeu mignon. A plague Tale, c'est l'histoire non de l'innocence dans un monde ignoble et en proie à la bigoterie fumeuse, mais à la perte de cette innocence. Et selon moi, c'est ce qui fait que le jeu est réussi.


En effet, l'alchimie, si je puis me permettre, de ces différents ingrédients, rend l'histoire du jeu très prenante et vraiment intéressante, non manichéenne. Cette dernière, portée par un "acting" de qualité (Amicia et Hugo), est sublimée par une réalisation qui, même si elle peut à l'occasion se révéler lourdaude, reste de très bonne qualité, notamment par le biais du montage.


Tout ce vocabulaire cinématographique pour se rappeler qu'on parle ici d'un jeu, et c'est peut-être là que se trouve la relative faiblesse du titre. En effet, les énigmes sont extrêmement faciles, le challenge inexistant. Mais cela permet à A plague... d'être un jeu ouvert à tous les publics, que ce soit les jeunes ou les personnes qui ne sont pas des joueuses ou joueurs confirmées. Et d'émoustiller les personnes addictes aux aventures narratives, ce que je ne suis pas personnellement. Reste que Asobo a été assez malin pour diversifier autant que faire se peut le concept des énigmes (qui tournent autour des rats) et des phases d'infiltration (qui tournent autour de ce qui est supposé être des humains de l'Inquisition, ici l'intelligence d'une moule implantée dans un corps (comme quoi, on arrête pas la science)).


C'est très agréable qu'il y ait eut cette volonté de diversification et c'est à ce genre de petites ou grosses choses qu'on mesure que le jeu a été pensé et réfléchi dans ses moindres détails. Pour ma part, je trouve ça grisant.


Malheureusement, je trouve que la seconde partie du jeu s’essouffle. A bien y réfléchir, je pense que c'est dû au fait que lorsqu'une histoire aux allures apocalyptiques commence, c'est ce commencement, ce goût de "tout est perdu on doit survivre" qui fait le sel de ce type d'aventures.


Reste que A Plague Tale : Innocence est une vraie réussite pour un petit studio, portée par une histoire prenante, une gameplay facile mais non rédhibitoire, un jeu d'acteur vraiment excellent (voice acting ou mo' cap), un sound design et des musiques vraiment de haute volée, des graphismes de qualité, une mise en scène au diapason et... des rats*.



  • Parlons un peu des rats. Pierre essentielle dans le jeu, Asobo a créé une sorte de moteur physique pour ces rats. C'est très impressionnant et, suprême surprise, ça ne fait pas ramer le jeu, qui tourne nickel sur mon ordi. Ce "moteur", taillé donc sur mesure, permet à Asobo de diversifier certaines phases de jeu et c'est très cool. Même si le sentiment d'insécurité s'efface au fur et à mesure que l'histoire avance, cette menace omniprésente démarque véritablement le jeu d'autres similaires, comme les Tale Tale ou encore des jeux de Naughty Dog, toutes proportions gardées.

batche
8
Écrit par

Créée

le 26 mai 2019

Critique lue 144 fois

A Plague Tale: Innocence

A Plague Tale: Innocence

3

lhomme-grenouille

le 2 juin 2019

Suivre

Peste soit des Français !

« Royaume de France, 1348… – Ah chouette ! Un jeu qui se déroule en pleine France médiévale ! Et en plus au moment des débuts de la peste noire ? Eh bien ! Asobo Studio, vous m’excitez ! – La...

A Plague Tale: Innocence

A Plague Tale: Innocence

5

bunnypookah

le 31 janv. 2020

Suivre

Il y a un gros rat dans le potage.

J'ai tendance à penser qu'il est possible de caractériser une grande partie de la production vidéo-ludique française par ses qualités artistiques inversement proportionnelles aux qualités ludiques et...

A Plague Tale: Innocence

A Plague Tale: Innocence

7

YvesSignal

le 21 mai 2019

Suivre

Go go Power Rongeurs

Je gardais depuis quelques mois un œil curieux sur la nouvelle production d'Asobo Studio. Je savais le studio bordelais habituellement besogner sur des jeux à licence Pixar et plus récemment sur des...

La Société ingouvernable

La Société ingouvernable

9

batche

le 10 mai 2019

Suivre

Critique de La Société ingouvernable par batche

Merde. C'est un peu embêtant ça. Ben oui, malgré les efforts entrepris par quelques uns d'entre nous (Prof Hayek, on t'aime XoXo), avant et au sortir de la guerre, on n'a pas réussi à gagner la...

The Forest of Love

The Forest of Love

9

batche

le 30 oct. 2019

Suivre

Critique de The Forest of Love par batche

Le film le plus désespérément triste et cruel de Sono Sion. Après une période cinématographique que j'ai pour ma part suivie d'un oeil distrait, pas convaincu, Sono Sion semble lorgner vers le...

The Falling

The Falling

4

batche

le 5 mai 2021

Suivre

Plus molle sera la chute.

The Falling, c'est l'histoire de deux ados, l'une extravertie, l'autre renfermée, qui vivent leurs années de collège dans la rebellion. Abbie (celle qui est "délurée", jouée par Florence Pugh)...