C'est pas parce qu'un jeu a des parrys que c'est un chef-d'œuvre

Le deuxième jeu français le plus surcoté de 2025.


Là où Streets of Rage 4 empilait assez de finesses de gameplay pour briser la monotonie inhérente aux beat em all - et encore, dans une certaine mesure seulement - celui-ci se complait dans le bourrinage à l'ancienne, inepte et fatigant.


Dès votre première partie, vous serez étonnés du peu de commandes proposées : 3 boutons d'attaque dont deux qui ne servent que très sporadiquement (le coup secondaire et l'Arcana), un saut, une roulade et c'est à peu près tout (ah si, il y a un coup à sortir en courant, vous obligeant à appuyer deux fois vers l'avant durant vos combos – particulièrement désagréable si vous jouez au stick).


Pour vous donner un exemple de cette surprenante pauvreté, Absolum est l'un des rares beat em all où vous ne pourrez pas vous battre avec des armes ramassées au sol. Celles-ci feront uniquement office d'armes de jet consommables. Oui, vous m'avez bien lu : vous allez ramasser des grosses haches pour ne PAS mettre de coups avec.


Ne commencez pas à me parler des clash/deflect/dodge : dans un jeu où la vie est si précieuse, leur balance risque/récompense est archi-négative, et compte tenu de la vivacité de votre personnage, il est bien plus efficace de courir partout en cherchant à démarrer les ennemis avec X (le deflect notamment ne vous met pas forcément à portée suffisante pour une contre-attaque, un comble). En outre, l'écran peut vite se surcharger d'effets visuels, ce qui rend ces manœuvres d'autant plus hasardeuses.


Alors oui, ces mécaniques – très à la mode, soit dit en passant – existent, elles sont même imposées contre les boss, mais ça ne change rien au fait que pour l'immense majorité des joueurs, les parties se résumeront 90 % du temps à courir dans tous les sens en martelant X, X et encore X.


Vu que le gameplay est fondamentalement indigent, la surcouche rogue-lite prend des allures de cache-misère posé là pour étaler la sauce en espérant qu'elle prenne. Sauf que c'est encore pire, car elle ajoute une dose d'aléatoire qui vous donnera l'impression de ne vraiment maîtriser ni le bordel à l'écran ni votre destin, achevant de rendre l'expérience vaine et soporifique (il y a même d'emblée un "mode d'assistance" qui vous permet de vous rendre invincible, histoire de bien annihiler l'intérêt du jeu).

L'idée de marier beat em all et rogue lite semblait pourtant couler de source : hélas, dans les faits, ni les items/pouvoirs ni les niveaux ne proposent assez de variations pour justifier d'y accomplir des dizaines de boucles.


Car oui, et je terminerai là-dessus, la DA a beau être originale, à un moment il faut arrêter de se voiler la face : visuellement, c'est cheum ! L'univers est hideux ; l'histoire tente de jouer la carte du récit morcelé à la Dark Souls, mais finit par violemment nous désintéresser ; les ennemis sont nuls de chez nuls : des bernard-l'hermite, des petits trolls semblables à des schtroumpfs, des champignons, des espèces de monolithes flottants... Quel plaisir y a-t-il à taper en boucle sur un bestiaire aussi minable ? Seule la bande-son tire son épingle du jeu. Gageons qu'au bout de deux, trois tentatives, vous serez déjà las des premiers niveaux, et de devoir choisir pour la énième fois entre la baie et la forêt aussi ennuyeuses l'une que l'autre.


Finalement, tout est question de goût : si les beat em all bourrins sont votre came, la plupart des défauts mentionnés ci-dessus disparaissent. Non, Absolum n'est pas pire qu'un Dragon's Crown ou qu'un Shredder's Revenge (que je rangerais également dans la catégorie "jolis mais moisis"). Après tout, les coups ont de la patate et c'est peut-être suffisant !


Pour ma part, je préfère ne pas me fatiguer les pouces sur cette proposition old school bien trop abrutissante et disgracieuse à mes yeux ; autant retourner taper des punks sur le mésestimé Double Dragon Revive qui, malgré tous ses défauts, offre un feeling bien plus posé, varié et satisfaisant.

edrem
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le 6 janv. 2026

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