Après avoir beaucoup apprécié Marvel Cosmic Invasion, également édité par Dotemu, il était presque inévitable que mon attention se porte sur Absolum. J’avais entendu ici et là que Marvel Cosmic Invasion se montrait très sage et classique dans son approche — ce qui est plutôt vrai — tandis qu’Absolum, au contraire, apporterait de réelles nouveautés et un vent de fraîcheur rare dans le genre du beat ’em up. D’autant plus que les retours étaient unanimement positifs, certains allant jusqu’à le considérer comme leur GOTY, il me semblait pertinent de vérifier tout cela par moi-même.
Le jeu m’a été offert par ma femme lors des promotions de fin d’année sur l’eShop, ce qui m’a permis de l’acquérir pour 20 francs au lieu de vingt-cinq. Absolum est un beat ’em up mâtiné de mécaniques roguelite, développé par Guard Crush Games et Supamonks, et édité par Dotemu, un éditeur désormais incontournable du genre grâce à des titres comme Streets of Rage 4 ou Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge. Sorti le 9 octobre 2025 sur PC, Nintendo Switch, PlayStation 4 et PlayStation 5, le jeu s’inscrit dans une fantasy sombre où quatre héros rebelles affrontent un tyran et son ordre oppressif dans le monde de Talamh. La presse et les joueurs ont globalement salué sa proposition, louant son gameplay, sa progression, son univers et sa direction artistique, au point qu’il figure parmi les jeux les mieux notés de l’année 2025 et ait été nommé aux Game Awards dans la catégorie « Best Independent Game ».
L’univers d’Absolum repose sur une catastrophe magique ayant plongé le monde dans le chaos et permis l’ascension d’un empire autoritaire ayant proscrit toute forme de magie. Accusée d’être responsable de la destruction passée, celle-ci est traquée sans relâche, tandis que le régime impose l’ordre par la force. Le joueur incarne un rebelle, un paria lié à cette magie interdite, engagé dans une lutte visant à renverser la tyrannie et à révéler la vérité sur l’effondrement du monde. Le récit se dévoile progressivement, au fil des tentatives et des échecs, et aborde des thématiques de résistance, de liberté et de responsabilité face au pouvoir.
D’un point de vue artistique, le jeu est tout simplement une petite pépite. Le chara design est remarquable, les environnements ont une véritable identité et une consistance visuelle impressionnante, et l’ensemble se montre très varié. C’est probablement l’un des beat ’em up proposant la plus grande diversité d’ennemis, avec des comportements et des mouvements réellement distincts, ainsi que des boss aux patterns intéressants et aux phases multiples. Rien que la découverte de ces éléments procure un réel plaisir, tant à parcourir qu’à observer.
L’enrobage sonore est à la hauteur de cette ambition. La bande-son est exceptionnelle, au point d’être écoutée en dehors du jeu, ce qui reste pour moi un indicateur fort de réussite. Les sonorités médiévales et fantastiques accompagnent parfaitement l’action et l’univers. Les doublages et le sound design sont également très soignés, renforçant l’immersion et l’impact des combats.
Sur le plan technique et visuel, les animations méritent une mention particulière. Qu’il s’agisse des ennemis, des attaques, des dégâts infligés ou encore des éléments de décor destructibles, tout est fluide, lisible et détaillé. Bien que le jeu ne soit pas un triple A, il transpire le travail minutieux et passionné de développeurs amoureux du genre et du jeu vidéo en général. On sent une véritable volonté de proposer une vision aboutie, presque définitive, du beat ’em up moderne.
Absolum reprend tout ce que l’on attend d’un beat ’em up à l’ancienne tout en y ajoutant des idées modernes et pertinentes : diversité des personnages, des attaques, des ennemis et des environnements, montures variées, éléments du décor à utiliser comme armes, chemins alternatifs, pièges à esquiver ou à activer. Certaines mécaniques vont même plus loin, comme la possibilité de provoquer volontairement des combats dans des zones dites sûres afin de prendre des risques pour obtenir de meilleures récompenses, ou encore la présence de factions ennemies capables de s’affronter entre elles.
Le gameplay repose sur des bases solides — attaques légères et lourdes, sauts, coups aériens, projections, ultimes et super attaques — mais se distingue surtout par son système d’esquive et de contre. Une esquive plus permissive, mais moins rentable, cohabite avec une esquive plus exigeante offrant de meilleures récompenses, ce qui met fortement l’accent sur le timing et la maîtrise. Apprendre les patterns des ennemis et exploiter les capacités spécifiques de chaque personnage devient primordial, et plus on progresse, plus le jeu devient spectaculaire et satisfaisant à jouer.
L’aspect roguelite est au cœur de l’expérience. À chaque run, le joueur débloque de nouvelles améliorations, qu’il s’agisse d’équipement, de magie ou de bonus modifiant profondément le build et la manière de jouer. Des améliorations permanentes viennent renforcer les personnages sur le long terme, tandis que des super attaques spécifiques peuvent être débloquées pour chacun d’eux. Le jeu parvient à introduire ces systèmes de façon naturelle, intégrée à la narration, et propose même un espace d’entraînement pour se remettre en main après une pause prolongée.
L’accessibilité est également l’une des grandes forces d’Absolum. Il est possible d’ignorer totalement le lore et de foncer dans l’action, comme de prendre le temps d’explorer l’univers via des éléments optionnels racontant l’histoire des lieux et des personnages. Le hub central évolue au fil de la progression, accueillant de nouveaux personnages et fonctionnalités, renforçant le sentiment d’aventure vivante. Le système de difficulté est extrêmement flexible, permettant d’ajuster indépendamment les dégâts infligés et reçus pour chaque joueur, ce qui rend le jeu aussi bien adapté aux joueurs chevronnés qu’à des parties en coopération avec un enfant ou un joueur occasionnel.
Certes, le jeu n’est pas dénué de petits défauts. On pourrait regretter un nombre limité de personnages jouables ou quelques imprécisions liées à l’ergonomie de certains boutons, notamment sur Switch, où l’interaction avec des montures peut parfois interférer avec le ramassage d’objets. Cela reste toutefois anecdotique au regard de la qualité globale de l’expérience.
En définitive, Absolum s’impose comme l’un des meilleurs beat ’em up auxquels j’ai joué. Commencé début 2026, il aurait sans difficulté trouvé sa place dans mon top 2025, et il marquera sans aucun doute l’année en cours. Dotemu confirme ici son statut d’éditeur majeur du genre, aux côtés de Streets of Rage 4, des Tortues Ninja, de Marvel Cosmic Invasion et désormais d’Absolum. À ce prix, compte tenu de la richesse du contenu, de la rejouabilité et de la profondeur du gameplay, c’est un investissement exceptionnel. Après y avoir goûté, il devient difficile d’imaginer un futur beat ’em up sans le comparer à lui, tant il réussit à conjuguer héritage classique et modernité avec un talent rare.
Hormis quelques rétro gamer qui ne sont pas ouverts au changement et à la nouveauté qui trouveront que ce n'est pas assez arcade j'ai du mal à voir en quoi absolument pourrait se faire tailler négativement. Le genre de jeu où globalement tout le monde est unanime malgré quelques récalcitrants et c'est pas plus mal car c'est bien que tous les goûts soient dans la nature. Mais pour ma part vous l'aurez compris je suis dithyrambique et je suis très heureux de posséder ce jeu et qu'il existe tout simplement.