Je lance Balatro.
La musique démarre, ma copine accourt dans le salon et on se met à danser tous les deux de façon rigolote en chantonnant la mélodie. C'est presque irrésistible. Elle fait plutôt le clavier et moi le solo de guitare. On ne peut s'empêcher de remuer nos têtes frénétiquement. Nos regards se croisent. Dans cet état de béatitude presque hypnotique, je discerne pourtant dans ses yeux une étincelle de ressentiment.
Qu'essaye-t-elle me dire ? "Peut-être que tu pourrais faire autre chose que jouer à ce jeu tous les soirs depuis 2 mois? Peut-être que 142 heures c'est suffisant, pour un jeu de cartes, non ?"
Son message me frappe l'espace d'un instant. Elle n'a pas ouvert la bouche pour autre chose que pour imiter le synthétiseur, pourtant c'est avec limpidité que ces mots arrivent jusqu'à moi.
Je fais mine de rien et je continue à danser en marquant les temps des percussions avec mes index.