Rarement exceptionnel mais jamais au 36 ème dessous

Histoire de bien introduire ma critique, je dois dire que le premier Biochiotte m'a incroyablement fait chier, mais vraiment...et pourtant il se trouvait que ce Bioshock Infinite se trouvait dans ma bibliothèque Steam. Comment ? Je n'en ai aucune idée, il vient peut-être d'un bundle quelconque (peut-être le 2k du temps où es bundles éditeur ne coûtaient rien ^^) ou alors je l'avais acheté en promotion...toujours est-il qu'il était là et c'était l'occasion rêvée de tester mon écran 240Hz. Il faut dire aussi que les screens donnaient envie, ce qui a abouti à me faire jouer au jeu.


Au lancement, comme dans Bioshock premier du nom, on en prend plein la vue : lâché devant un phare (encore !), notre héros dont on ne sait pas grand chose sinon qu'il doit "récupérer la fille pour effacer sa dette" va rapidement tomber sur un portail menant à Columbia, une ville dans les airs ayant fait sécession des Etats-Unis et gouvernée par un prophète du nom de Comstock. Là encore, la ville est introduite de façon spectaculaire et les premiers lieux sont animés et magnifiques...mais minute, c'était aussi comme ça dans le 1 et ensuite j'étais lâché à arpenter les couloirs bondés de chrosomes ; est-ce pareil ici ? Oui et non. Déjà, le jeu penche beaucoup plus du côté du simulateur de marche narratif même si ça reste un FPS. Ensuite, le jeu commence plus doucement en nous faisant découvrir quelques minutes une ville animée dont on arpente une foire, interagissant même avec des mini jeux de tir (des stands optionnels), nous familiarisant avec le feeling du jeu.
Par contre, on retrouve plus ou moins les fondamentaux de Bioshock : les enregistrements (ces mêmes enregistrements qui peuvent être couverts par les dialogues du jeu, me faisant criser au plus haut point) permettant de s'immerger dans la société et de découvrir les personnages clés du jeu, les "pouvoirs" (plasmides), le large réticule de visée et les bornes pour acheter améliorations, objets, etc. A ce niveau, le joueur n'est pas dépaysé, encore moins même étant donné que tout le système semble avoir été simplifié pour aller à un essentiel beaucoup plus bourrin ou classique. Bourrin, c'est le mot, ce bourrin qui fait que le jeu n'est intéressant qu'en difficulté normal à moins que vous ayez envie de dépenser du temps sur un jeu dont le système est essentiellement superficiel, agréable uniquement par son aspect rentre-dedans qui est d'ailleurs accentué par une des nouveautés du titre : la possibilité de s'accrocher à un rail de transport qui vous permet de voyager mais aussi de sauter sur vos ennemis après les avoir canardés en hauteur. Autre originalité : les "failles" que peut créer Elisabeth, la fille qui vous accompagne après une ou deux heures de jeu, et qui vous permet de matérialiser des aides (une à la fois) : abris, tourelle (plus de piratage donc), support d'accroche, kits de santé, etc.


En clair, quand Bioshock Infinite ne parle pas, il vous fait combattre des foules d'ennemis avec beaucoup plus d'ampleur que dans Bioshock mais en même temps beaucoup moins de stress puisque les munitions, la santé (épaulée par un bouclier vous rendant très difficilement tuable), l'Eve coulant à flot dans le jeu, données au pire par Elisabeth si vous êtes à court. C'est tout ? Ah si, il vous fait aussi souvent faire des détours inutiles, vous faisant parfois vous demande pourquoi vous allez ici ou là, le scénario justifiant peu ces éternelles circonvolutions puisque l'idée du scénario est de chercher la fille et de se barrer. Ce remplissage rend certaines parties du jeu assez pénibles, surtout qu'il n'est absolument pas masqué avec élégance.


Bon...si le gameplay se laisse jouer sans être exceptionnel, qu'en est-il du point d'intérêt principal du jeu, à savoir son scénario et son univers ?
Eh bien...l'ensemble se laisse suivre même s'il semble faire beaucoup de bruit pour pas grand chose, notamment avec les deux scientifiques qui débitent du néant bien enrobé. L'attrait principal reste le trio formé par Comstock, notre héros (dont j'ai oublié le nom) et Elisabeth, le premier étant enrobé de mystère, le second commençant comme "salaud" et finissant par gagner en sympathie, la dernière étant le centre de l'intrigue et le noeud émotionnel du jeu. Autour de ce trio se déroule une révolution par rapport à la classe dominante, raciste et borugeoise...rien de bien neuf mais une toile de fond qui permet de vivre de nombreuses scèjnes spectaculaires exploitant le mécanisme de l'aimant (qui permet de passer d'aéroflotteur en aéroflotteur via les points d'accroche).
En soi, l'intrigue est plutôt prévisible, sans énorme surprise et pourtant le suspense plane sur le jeu, plutôt sur l'angle des motivations et de la couleur du scénario plutôt que de ses évènements. On a vraiment envie de voir Comstock, découvrir les coulisses de cette cité trop belle pour être honnête et donc on ne découvre rien, cette dernière étant vidée pour que le jouer puisse tranquillement tirer sur tout ce qui bouge.
En sus de ce mystère comme carotte, la présence d'Elisabeth permet d'animer le jeu, les dialogues entre les deux personnages qui vont apprendre à se faire confiance sortent de la monotonie de ces éternels détours dans des couloirs détruits à combattre les mêmes ennemis dont des boss sans intérêt, fermés, bloqués, etc. La capacité de cette dernière à ouvrir des failles, donc à "changer" de réalité (dans le scénario, vous ne contrôlez rien) permet également d'apporter un peu de variété.


Au final, Bioshock Infinite s'apprécie comme un jeu d'aventure narratif matérialisé sous la forme d'un FPS bourrin qui se vit comme une sorte de manège à Disneyland. Aidé par son trio de personnages principaux dont les relations et la rencontre finale sont les enjeux majeurs du jeu ainsi que par des moments de toute beauté, le jeu donne envie de voir une fin qui est plus ou moins prévisible (dans les grandes lignes, elle réserve néanmoins de jolies surprises dans un scénographie magistrale) mais tout aussi savoureuse malgré tout. Bref, à petit prix, je le recommande (je l'ai fini en 9H en ramassant pas mal de trucs et en finissant les micro-quêtes secondaires), les jeux bien finis de ce genre, sans les OW chiants en prime, étant denrées rares… Et puis, pour ceux qui étaient prêts à appuyer sur la détente en ayant vu la première phrase de cette critique, j'ai finalement relancé Bioshock Remastered afin de préparer Burial at Sea : chers fans, vous pouvez vous détendre. :)

Foulcher
7
Écrit par

Créée

le 5 févr. 2020

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