A priori, les qualités essentielles au genre sont là pour faire de Blood Bowl un jeu hautement tactique au tour par tour mais ça c’est a priori, c’est-à-dire vu de loin… Quand on commence à creuser le machin, on se rend compte qu’il recèle une quantité astronomique de défauts malgré son humour volontiers rigolard.
Ses graphismes sont très moyens pour ne pas dire vilains même si cela s’avère assez secondaire dans un tour par tour (mais tout de même). Mais surtout, son interface est particulièrement foireuse : tout ce vert sur le terrain sur lequel les cases de lancers de dés se confondent, démontre que le jeu a été conçu par des personnes qui ne maîtrisent pas leur sujet ou qui boivent.
L’ensemble est lamentablement confus et l’ergonomie la plus élémentaire est aux abonnés absents, idem pour les menus tarabiscotés aux couleurs criardes.
Il faut s’y faire et on finit… par s’y faire au bout de nombreux matchs. Le pire est à venir cependant comme les tours en temps limité (!) et surtout la règle du ‘turn over’ qui implique de passer son tour pour un oui ou pour un non et pour un pet de travers.
Cette règle stupide, hélas incontournable, se révèle des plus horripilantes et tue tout le système de jeu. Ainsi, un joueur se fait tacler : on passe son tour : un joueur se fait péter la gueule : on passe son tour ; un joueur a perdu la baballe (non récupérée par l’adversaire, cela va de soi !) : on passe son tour quand même…
Chaque action échouée implique de passer la main, ce qui produit un rythme hâché très regrettable. Et peu importe s’il reste 10 joueurs de son équipe qui attendent les ordres : rien à foutre, passe ton tour… connard !
Comme les statistiques sont très défavorables et ne sont même pas affichées (!), du genre une chance sur quatre pour accomplir la moindre action, on ne se risque pas à faire grand-chose, à part se castagner quand on le peut.
C’est là sans doute, la règle du jeu de plateau, non transposable directement au jeu vidéo : il faut un effort d’adaptation raisonnée dont Cyanide Studios a été incapable. Les erreurs de conception et le manque de jugement conduisent à un échec total. Foutus amateurs !