Il aurait pu s’appeler ‘Piétongeddon’, car outre le fait de massacrer ses concurrents, de leur rentrer dedans, de les tamponner, les percuter, les exploser, on passait la plupart du temps à ignorer la ‘course’ proprement dite et à juste rouler sur les gens : les points récoltés permettaient de gagner de l’argent (sic !) et de réparer sa bagnole en temps réel !
Pour ce faire, il suffisait de réaliser des combos. Par exemple, je me souviens de celui-ci : rouler en marche arrière à fond et tout en dérapant, faucher une femme enceinte dans une gerbe de sang et de tripes (à moins que ce ne fût une femme poussant un landau, je ne sais plus)… Bien entendu, écrabouiller le plus de piétons possibles en un seul dérapage était vivement recommandé…
Ce qui s’en rapproche le plus, ce sont les ‘GTA’ modernes avec le sang sur le pare-chocs et le pare-brise, seul intérêt des GTA 4 et 5 à dire vrai mais il leur manque cette ironie si mordante du Carmageddon et la possibilité de monter des pointes qui tournent, des broyeurs latéraux et des piques sur le capot.
La maniabilité restait néanmoins très problématique, pour ne pas dire presque injouable : les véhicules -assez différents pourtant- faisaient tous uniformément… n’importe quoi. Et même pour l’époque, les graphismes restaient vraiment repoussants…
Pour profiter du SVGA, il fallait une machine très puissante, aussi se contentait-on du VGA et de sa bouillie de pixels (rouges la plupart du temps), ce qui ajoutait à la confusion et la difficulté ambiantes.
Le jeu s’avérait de toute façon inéluctablement répétitif et très limité et après avoir rigolé un grand coup, on le désinstallait aussi sec, non pas en raison de l’internet politiquement correct qui venait pousser ses cris d’orfraie partout parce qu’on n’en avait rien à faire !… et qu’Internet n’existait pas vraiment… en 1997 !