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Cette critique n'en est pas vraiment une, et en plus elle est un spoil général de l'histoire. Peut-être spoile t-elle aussi un peu la vie, mais ça c'est à nous de voir. Mais voici ce que ce jeu m'a inspiré.
Clair Obscur montre aux plus sceptiques que le jeu vidéo est un art. Pas seulement parce qu'il est une somme d'autres arts, mais parce qu'il raconte quelque chose que seul ce medium pouvait raconter. C'est lié sans doute à cette faculté d'incarner, d'être ce que nous n'avons jamais pu être. Ou ce que nous aurions pu être.
Heureusement, pour éveiller le champ des possibles, la fiction existe. Celle qu'on écrit, celle qu'on compose... celle qu'on peint, aussi.
Mais quand la vie est trop brûlée pour être vécue et que la fiction est trop belle pour être libre, l'équilibre est brisé.
Fracturé.
Le jour où nous allons mourir, tout ce qui restera de nous sera transmis dans ce que nous avons fait : les traces de nos émotions dans la toile des gens proches, les coups de pinceau comme les couleurs de nos vies. Nos fragments posthumes.
Verso a donné des couleurs à sa vie, et a donné la vie à ses couleurs, ses petits pigments de vie qui habitent Lumière, son Paris rêvé.
Clair Obscur n'est pas seulement bon parce qu'il éveille en nous ce qu'il y a de plus vivant, il est aussi bon parce qu'il rend vivant ce que nous avons effacé.
Gommé.
Oublié de nos existences, parce que nous n'avons pas eu le choix, emporté par le flot de la vie. Parce que les gens sérieux cessent d'imaginer que leur doudou d'enfance est une créature magique, amicale, surpuissante et réconfortante.
Ils ont cessé de croire que cette peluche les appelle tendrement "mon ami".
Le chien que nous avions enfant ? Depuis quand avons nous cessé d'imaginer qu'il est notre compagnon d'aventure pour la vie, notre confident complice ?
Qui a gommé les Esquie et les Monoco de nos vies ? Si ce n'est nous-mêmes...
Nous ne sommes pas des peintres ou des peintresses. Nous sommes des gommeurs, complices du temps qui efface les vies que nous avons créées dans la magie de notre imagination.
Incarner Gustave, Maelle, Lune et Sciel n'est qu'un réconfort, une bataille perdue d'avance pour sauver ce qui a été créé puis renié, noirci.
Par les flammes du temps, renié et noirci par le Renoir de la vraie vie. Celle des gens sérieux.
Cessons d'être sérieux et partons à l'aventure pour une grande expédition !
Créée
le 3 févr. 2026
Critique lue 7 fois
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