Code Violet est objectivement excellent! Pas parce qu’il est bon, mais parce qu’il redéfinit ce qu’est une “expérience”. Ce jeu ne se contente pas de te divertir, il t’éduque. Il t’apprend la patience, l’acceptation, et l’art de respirer profondément pendant que tout part en vrille à l’écran. C’est presque du développement personnel interactif.
Les dinosaures ennemis sont un coup de génie narratif. Leur IA est si imprévisible qu’on dirait qu’ils ont chacun leur propre horoscope. Parfois ce sont des prédateurs implacables, parfois des figurants de musée en grève. Tu ne combats pas des dinos, tu participes à une étude sociologique sur l’instabilité émotionnelle des reptiles numériques.
Le système de combat est d’une finesse rare. Les balles ont ce petit flottement poétique qui te fait comprendre que la précision est une construction sociale. Le recul des armes te rappelle que l’arme aussi doute d’elle-même. Même ton viseur semble parfois réfléchir à son projet de vie avant d’accepter de viser l’ennemi. De l’immersif. Du vrai.
La caméra est probablement le personnage le mieux écrit du jeu. Elle n’est pas là pour t’aider, elle est là pour te challenger moralement. Pendant qu’un dinosaure te fonce dessus, elle choisit parfois de cadrer un mur, un plafond, ou un coin vide. C’est une mise en scène audacieuse qui te force à développer ton imagination. Le monstre n’est plus visible, mais tu le ressens dans ton âme. Du cinéma d’auteur en temps réel.
Les environnements sont d’une richesse symbolique folle. Ces couloirs de labo interminables, ces salles vides, ces portes qui mènent à d’autres portes… C’est une métaphore puissante du monde moderne, de la bureaucratie, de la solitude de l’homme face à l’open space. Certains appellent ça du level design pauvre, moi j’appelle ça du minimalisme existentiel.
La narration est subtile. Le jeu te donne très peu d’infos, ce qui te permet de projeter ce que tu veux sur l’histoire. Personnellement, j’y ai vu le parcours d’un développeur coincé dans son moteur, qui essaye de s’en sortir à coups de scripts désespérés. C’est touchant. Presque autobiographique.
Techniquement, le jeu a ce charme rare des œuvres qui te rappellent que rien n’est acquis. Les petites saccades, les animations parfois raides, les réactions étranges des ennemis : tout ça crée une tension méta. L’horreur ne vient pas seulement des dinos, mais de la peur que quelque chose se casse à tout moment. Une expérience immersive complète.
Code Violet n’est pas un jeu, c’est une épreuve initiatique.
Quand tu le termines, tu n’es plus le même joueur.
Tu es plus humble. Plus tolérant. Et étrangement plus reconnaissant envers tous les autres jeux de ta bibliothèque.