J’ai rarement vu une série s’auto-détruire avec autant d’application. La saison 1 de The Last of Us se présentait comme l’événement HBO, un survival adulte, brutal, bouleversant. En réalité, c’était déjà un produit aseptisé : des décors trop propres, une menace infectée quasi invisible, des personnages secondaires jetés après un quart d’heure d’émotion forcée. Joel et Ellie, censés incarner la complexité et la douleur du jeu, se transformaient en duo caricatural : le père grognon et l’ado insolente. Tout sonnait faux, tout manquait de crasse, de sang, de tension.
Et puis est arrivée la saison 2… censée corriger le tir, approfondir, oser plus. Résultat ? Un naufrage encore pire. Le rythme s’effondre, les arcs narratifs se perdent en détours larmoyants, et les fameux “choix narratifs courageux” ne sont que des provocations gratuites, sans la densité ni l’intensité qui rendaient ces moments insoutenables dans le jeu. Le choc devient posture, la violence devient pose.
Narrativement, c’est un désastre : trop fidèle quand il faudrait inventer, trop lâche quand il faudrait assumer. Visuellement, ça reste joli mais vide : une apocalypse filmée comme une pub Apple. Et émotionnellement ? Rien. Là où le jeu t’étranglait de dilemmes, la série ne fait qu’effleurer. On regarde, on soupire, on oublie.
Deux saisons pour tuer l’essence d’un chef-d’œuvre vidéoludique. The Last of Us HBO, c’est l’exemple parfait d’une adaptation qui a confondu “prestige” avec “ennui”. Le seul vrai parasite ici, ce n’est pas le Cordyceps : c’est la série elle-même.