SaGa est une série que j’aime profondément, avant tout pour des raisons personnelles. Final Fantasy Legend II fait partie des RPG de mon enfance : c’était l’un de mes tout premiers jeux du genre, une expérience fondatrice qui a marqué mon rapport au jeu vidéo. Forcément, cette œuvre occupe une place précieuse dans ma mémoire, teintée de nostalgie et d’émotion. C’est donc avec beaucoup d’impatience que j’attendais de découvrir cette compilation, curieux de retrouver ces sensations d’autrefois tout en les redécouvrant avec un regard plus adulte. De plus, la série étant une licence importante de la galaxie Square, j'osais espérer un traitement à la hauteur. Or, ce n'est pas le cas.
Le menu se lance et propose un premier choix appréciable : jouer aux versions japonaises ou anglaises des jeux. C’est un bon point, surtout pour une série aussi marquée par son identité japonaise, même si on aurait apprécié la version Wonderswan, entièrement en couleur, mais bon. En revanche, aucune traduction française n’est proposée. Certes, les dialogues sont peu nombreux et relativement simples, mais cela reste regrettable, d’autant plus pour une compilation destinée à faire découvrir ou redécouvrir la série. Une fois la langue choisie, on sélectionne simplement l’un des trois épisodes Game Boy, et c’est tout. Aucune possibilité d’explorer les jaquettes en détail, de les faire pivoter, de zoomer sur leur dos, ni de feuilleter les manuels d’époque. Pas non plus de bonus : pas d’illustrations, pas de publicités, pas d’interviews, rien. Absolument rien. Et c’est d’autant plus frustrant que SaGa est une série historiquement majeure : le tout premier RPG portable de l’histoire. Il y avait tant à raconter, tant à montrer… et pourtant, la compilation reste désespérément muette sur son propre héritage. Quelle indignité !
Il est possible de choisir un fond d’écran, mais la plupart manquent clairement de saveur et n’apportent pas grand-chose à l’expérience. On peut également modifier la taille de l’écran, en petit ou en grand, ainsi qu’accélérer la vitesse du jeu. Ce dernier point est d’ailleurs bienvenu, tant il permet de supporter un peu mieux les phases de leveling et la lenteur parfois laborieuse du rythme original. En revanche, on aurait aimé aller plus loin : des filtres visuels, une option de retour en arrière, voire quelques cheats auraient été appréciés, surtout au regard du niveau de difficulté parfois exigeant de ces jeux. Là encore, la compilation fait le strict minimum, et laisse une impression persistante de frustration.
Au final, SaGa Collection n’est rien de plus qu’une compilation qui se contente de regrouper trois jeux, sans véritable ambition ni mise en valeur particulière. Ce choix est d’autant plus choquant quand on connaît l’aura et l’importance historique de la série. Cela aurait encore pu passer si les versions WonderSwan ou les remakes DS avaient été inclus, offrant un hommage plus complet et plus généreux. Mais ce n’est malheureusement pas le cas. Le résultat laisse un goût amer, presque celui d’un rendez-vous manqué, et donne parfois l’impression d’un traitement indigne d’une saga aussi fondatrice.