Ah Remedy, le studio qui a l'art de réaliser des œuvres cryptiques où se mélangent aussi bien la musique, que le jeu ou encore le cinéma. Control rassemble tout ça, mais son gameplay n'a pas su me convaincre.
LE SCÉNARIO :
C'est particulièrement sur ce point que la force du titre de Remedy repose. Dès les premières minutes dans la peau de son protagoniste principal, Jesse Fayden, on est tout de suite plongé dans les mystères de cet univers où pullulent les événements surnaturels et une menace venue d'un autre plan dimensionnel que nous devons contrôler. Car nous voilà catapulté en tant que Directrice du Bureau fédéral de contrôle (le BFC) et nous devons faire face aux mille et un dangers que renferme l'Ancienne Maison, imagés par le HISS, une entité qui rappelle un mélange entre entité démoniaque et extraterrestre venu de l'espace. Le jeu repose sur une grande quantité de documents écrits qu'il faut lire pour comprendre tous les secrets de l'Ancienne Maison, mais aussi sur des supports visuels comme des expériences menés en direct par le Dr. Darling (mon perso préféré !) ou encore d'étranges vidéos avec des marionnettes flippantes, mais aussi des supports sonores comme des émissions de radio qui rappellent l'univers d'Alan Wake, entièrement connecté à celui de Control. Tout le long de notre courte aventure, nous sommes tout entiers plongés dans les mystères de cet univers passionnant, et auxquels on ne comprend pas toujours tout - ce qui en fait tout son charme.
LE GAMEPLAY :
Si le gameplay se veut dynamique avec ses esquives, ses possessions, son bouclier, ses lévitations, ses projections d'objets et son arme multi-services, la boucle est très rapidement redondante et manque parfois de finesse. Je dois avouer ne pas être forcément à l'aise avec les jeux qui demandent d'être perpétuellement en mouvement lorsqu'ils reposent sur un système de visée. Il est très compliqué pour ne pas dire inutile de se couvrir, il faut donc toujours bouger pour éviter de se faire fracasser par des ennemis qui tapent vraiment très fort. Le jeu propose cependant un système d'accessibilité qui pourra, pour ceux qui ont du mal avec un tel système de jeu, simplifier la tâche, voire carrément supprimer tout challenge en empêchant de mourir ou en permettant de tuer en un coup ses ennemis. Je ne le conseille cependant pas car ça gâche vraiment l'expérience. Si l'usage du pistolet m'a tout de suite été rébarbatif et énervant, le système de pouvoirs dits "paranaturels" est en revanche hyper plaisant et gratifiant à utiliser, en particulier la lévitation et la projection d'objets par télékinésie sur les ennemis.
GRAPHISME, MUSIQUE ET AMBIANCE SONORE :
Graphiquement, ça fait le café. C'est pas extraordinaire, mais l'Ancienne Maison profite d'ambiances très différentes, parfois de distorsions absurdes très plaisantes à parcourir, accompagnée d'une ambiance sonore très immersive lorsqu'on porte un casque, en sus du bruit de la projection d'objets par télékinésie qui est tout simplement génial. Les musiques, en revanche, sont très discrètes voire inexistantes. Mention cependant spéciale au niveau du Labyrinthe du Cendrier qui reste mon niveau préféré.
TROPHÉES ET PLATINE :
Le Platine est très simple à obtenir et ne demande pas beaucoup d'efforts. Une trentaine d'heures maximum est nécessaire pour le décrocher, DLC compris.
DLCs :
Si le premier DLC intitulé Fondation ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, bien qu'il permette de mieux comprendre les fondations du FBC et de son Comité dirigeant, le second DLC, lui, dédié à Alan Wake, a clairement été une déception. Il permet de tisser définitivement les liens étroits entre les jeux du studio Remedy, mais je m'attendais à beaucoup plus de liaisons, d'explications. Son antagoniste principal, Hartman, saura parler à ceux qui ont joué et apprécié Alan Wake, mais le combat de boss n'était pas plaisant, et les niveaux étaient redondants. Petit plus cependant pour l'usage de la lumière pour détruire les sources d'obscurité comme dans Alan Wake ainsi que l'épilogue de ce deuxième DLC qui initie, en fin de compte, Alan Wake 2.
Control est un jeu qui repose donc essentiellement sur son ambiance et son scénario cryptique. Il souffre cependant de son gameplay répétitif et de ses niveaux qui, mis bout à bout, sont redondants. Le côté claustrophobe de l'Ancienne Maison finit par avoir raison de mon enthousiasme au bout de quelques heures. Ça reste une aventure plaisante, qui réalise la passerelle avec Alan Wake sans cependant jamais réussir à atteindre l'intérêt dont bénéficie son grand-frère.